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LE Lli TT Kl! K.
chaque l'ète, ces gilanos viennent allumer la veille leurs bivouacs aux portes de laville, el le lendemain on les retrouve s’épanouissant à la lutle d’hilarité et de bon-heur. L’appât de quelques pièces d’argent les fait toujours entrer en lice avec lesmiechommes. C’est alors un grand divertissement pour les spectateurs. En effet,les carracos (nom injurieux qui veut dire aussi bien voleur que bohémien) sont ence moment la race souffreteuse et méprisée dont la gaieté cruelle du peuple a tou-jours eu besoin pour s’en faire un jouet passif; ainsi qu’ont été les juifs pour leschrétiens du moyen âge, ainsi que sont actuellement les Chinois pour les Malais.Le carraco est donc le loustic involontaire, le paria le souffre-douleur de la mul-titude. On rit de ses gestes frénétiques, de son corps brun, de ses membres grêlescomme ceux de l’Arabe, de la façon dont il grimace vis-à-vis de son adversaire, qu’ilfixe de ses yeux étincelants, en lui montrant ses dents blanches au milieu de sabarbe épaisse et noire. 11 est du reste fort plaisant de voir la tribu suivre avecanxiété cette lutle où se résout la question d’un bon souper et d’une joyeuse orgie ;et le lutteur exprimer sa joie après une victoire, parles folies les plus bizarres, enbondissant comme un chevreau par toute l’arène, tandis que dans la situationcontraire il nie avec opiniâtreté, et les bras tendus au ciel, qu’il ait été vaincu, lorsmême que ses épaules sont encore maculées de terre.
Le lutteur cumule aussi souvent ces fonctions avec celles de toréador. Il est undes acteurs des courses et des ferrades. Sans armes, en bourgeron, le corps ceintd’une écharpe rouge, tandis qu’un compagnon monté à cheval harcèle le taureau,il détourne la fureur de l’animal sur lui-même, et se glisse, dans les moments dan-gereux, sous les charrettes disposées en fer à cheval qui forment la lice, on franchitla barrière si la scène se passe dans les Arènes. Enfin, après quelques passes, üdirige sa course vers l’extrémité où les fers se préparent dans un brasier allumé,attend de pied ferme le farouche habitant de la Camargue , le saisit par les cornes,le fait trébucher, et le tient à terre maintenu et dompté, tandis qu’on applique àl’animal sur les cuisses une étampe rougie au feu qui le stigmatise du nom ineffa-çable de ses maîtres et le fait esclave. Les plus célèbres toréadors sont Barailler,Jacques, Paulel de Vauvert, Ravel. Celui-ci, réputé pour son adresse dans ces jeuxdangereux, renversé dans une lutte à plusieurs reprises par le fameux Mazard, sereleva avec dépit en lui disant : Ah! coquineI, l’anries tomba s’aviés des bânos '■
Le lutteur jaloux de sa gloire se retire aussitôt qu’il sent ses forces s’affaiblir, pourne pas entendre murmurer autour de lui :
Trop longtemps le vieillard est resté sur la scène.
Il se marie et devient jardinier ou bayle 2 d'une métairie; mais les rhumatismes,les douleurs, fruits de ses excès, de tant d’efforts physiques, de victoires achetéesau prix de contusions, de chairs froissées et meurtries, l’étendent de bonne heure
‘ Ali ! coquin, je t'aurais renversé, si lu avais îles cornes.a Maître-valet.