LE RELIGIEUX.
I O.'»
■émmi
SSÊlMii'
silÈP.
WW.
Un monastère de trappistes est un séjour lugubre et redoutable : la vue seule en est^ite pour ébranler les esprits faibles et repousser les vocations indécises. Là, toutCe que vous apercevez est une menace de mort, tout ce qui vous entoure est plein'• épouvante. Les murs sont couverts d’inscriptions latines empruntées pour la plu-part aux psaumes de la pénitence ou aux pères de l’Église. Au-dessus de l’entréePrincipale du monastère, on a gravé ces paroles du prophète Jérémie :
SEDEBIT SOLITARIUS ET TACEBI1'!
Et plus loin, sur celle du cloître :
IN NIDULO MEO JlOHIAIt!
Le cloître est le lieu où les religieux se réunissent pour ce qui doit être fait enc °nimun, et ici tout doit être fait en commun. Quatre galeries longues et assez larges,u >i portique ogival et rectangulaire au milieu duquel est le cimetière : voilà le cloître.^ ne tombe y est toujours préparée à l’avance et dans l’incertitude de la victime,fondant que la communauté est réunie sous les galeries pour la méditation ou lalecture, chaque frère vient à son tour travailler, en présence de tous, à cette fosse quiPeut-être sera la sienne. A côté du cloître se trouve le parloir ; c’est le seul endroit0,1 les religieux peuvent entretenir l’abbé, lui confier les besoins de leur âme, rece-v °ir le soulagement de sa parole, ses avis et ses exhortations. Contre la porte duParloir est établie ou plutôt enclavée dans la muraille une petite boîte, pareille àCe He de nos bureaux de posle, et au-dessus de laquelle on lit : Boîte aux billets.
Un frère réclame-t-il l’assistance de l’abbé, a-t-il un livre à demander, une per-"bssion à obtenir, il formule sa prière et la confie à cette boîte. Chaque jour, sous'Ç s Yeux mêmes de l’abbé, le bibliothécaire procède au dépouillement de ces billets, etabbé, sans prononcer une seule parole, les déchire ou les ploie, selon qu’il refuse* H| qu’il accorde. Le soir, chacun retrouve sa réponse au chevet de son lit; ceux-ci,es fragments de leur billet, ceux-là, leur billet ployé, si c’est une permission ac-c°tdée ou le livre qu’ils ont demandé, si le révérend père en a autorisé l’usage. — Leappisie ne porte que des vêtements de laine. Les pères ont une tenue négligée, mais