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Province. Tome premier.
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L’ELEVE DE MARINE

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l n’est pas de profession qu’on embrasse plus légè-rement que celle de la marine militaire ; il n’en estpoint qu’un prisme trompeur colore de teintes plusséduisantes. On s’y destine fort jeune sans en soup-çonner les ennuis et plein de foi dans la poésie desJ ouragans et des combats, tantôt par esprit d’imitation,tantôt sous l’influence des premières lectures qui nouscharment. Dans les ports de guerre, l’enfant n’entendparler que des armements et des expéditions qui sepréparent, il vit au milieu d’uniformes brillants etde spectacles bien faits pour aiguillonner sa curiosité. A l’éternelle question :" Eli bien, mon petit ami, que voulez-vous être un jour? » il répond sans ba-lancer : «Capitaine de vaisseau. » Il ne trouve rien de plus gracieux que la cas-fluette galonnée et l’aiguillette flottante d’un élève; rien de plus beau qu’uncom-utandant chamarré de broderies, rien de plus amusant que d’aller en canot et decommander à des marins. Il joue au matelot comme ailleurs on joue au soldat; sesPoupées sont de petits navires qu’il fait manœuvrer dans un bassin; il a été bercéa u récit de campagnes périlleuses, et ne peut concevoir d’existence préférable acelle d’oflicier de marine. Dans l’intérieur des terres, la vocation maritime naît del’amour du merveilleux : Robinson commence a faire songer à la mer, Télémaque continue a inspirer le désir des grandes aventures; mais, après Gulliver et Sindbad•les Mille et une Nuits, l’écolier n’y tient plus et déclare qu’il veut être marin. Qui,l ’a point caressé un pareil rêve au détriment du De viris et des Fables d’Ésope?Après avoir lu la Vie des marins célèbres, qui n’a voulu se faire mousse pour de-venir amiral, découvrir plusieurs nouveaux mondes, être four à tour chevalier de