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L’OFEIClEli DE MAK1NE. 185
11 avait des griefs secrets, viennent lui tendre la main et le félicitent cordialement ;' es élèves, ses collègues d’hier, trinquent encore une fois avec lui dans le poste, enportant sa santé ; et, pendant son premier repas a la table de l’état major, le fifre cl,e tambour lui jouent un interminable rigaudon, orné de toutes les variations de ladiane, aubade à fendre le tympan de tous les convives, et qui est grassement payée parQuelques bouteilles de vin. Sur le gaillard d’avant, son avancement fournit plusd’un feuilleton à la bruyante gazette de la mèche. Autour du baril qui sert d’autela u feu sacré dont la Vestale est un chef de pièce ou un chargeur, quand est venue' heure où les gens de l’équipage, en allumant leurs pipes, commentent habituelle-ment les actes de l’autorité, Vaspirant passé officier est l’unique sujet de lotîtes leseonversations : on le juge sévèrement, impartialement comme un roi d’Egypte autombeau, on ne lui fait grâce d’aucune peccadille. Après ce jugement sans appel,ee «x des matelots qui l’affectionnent se dirigent en masse vers l’arrière au moment011 ü monte sur le pont, et l’orateur de la bande lui improvise un compliment gou-dronné, en tournant son chapeau ciré dans les mains, par ce mouvement naturel auCicéron maritime qui vise à la fleur de rhétorique. Ce n’est pas un hommage peuüatteur que cette députation des enfants de la calle; et leur pittoresque harangueac hève d’enivrer le nouveau chef de quart triomphalement accueilli par tous les ha-bitants du navire. Enfin, pour comble de bonheur, il entre en jouissance d’unec hambre à lui en propre, et se promet bien de la convertir en boudoir. La première foisQ u il descend a terre, il se met en frais exorbitants, revient à bord avec un attirailde glaces, de tableaux, de tapis et de draperies élégantes, et sa cabine, surchargéed’ornements inutiles, devient le contraste frappant de celle du vieux lieutenant deVa isseau qui se fait un mérite d’être tfréé en Spartiate.
Pendant six mois entiers, l’heureux jeune homme est magnétisé par la douceln fluence de sa récente épaulette; il commande son quart avec un vif plaisir, et tout| u i semble de bon augure; mais peu a peu il envisage les choses plus froidement,'* ca 'cule ses chances d’avenir, et les difficultés qu’il entrevoit lui font adopter une' a nale philosophie. Son enthousiasme réchauffé fait place a une résignation modeste,0n l’entendra fréquemment avouer que son but est désormais d’arriverà sa modique'traite et de finir paisiblement dans quelque petite ville une existence qui aura eu!>es bons comme ses mauvais moments. Alors il vit dans le présent, se crée des ha-'d bides a bord et des relations a terre, se laisse aller avec indifférence au cours desev enements, et ne recherche autre chose qu’un certain bien-être matériel qui dépend^rtout de ses goûts particuliers et de la nature de son embarquement. Pour se dis-,r aire du service, la plupart des officiers adoptent une occupation favorite: l’un estdessinateur; sa cellule se convertit en atelier, les cloisons en sont tapissées d’é-hau ches, de croquis et de caricatures ; son album fait les délices des passagers et later reu r des chefs dont il est l’impitoyable Philippon. Chaque ridicule du bord estCra yonné en charge; tous les camarades en font des gorges chaudes, et l’autorité,
( °nt la censure ne peut s’étendre jusque la, ne pardonne pas a la verve du soi-disantar liste. LU aulre s’occupe de littérature, fait des nouvelles, des pièces fugitives, des
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"sons, et se rend plus redoutable encore que le précédent, s’il a des penchants
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