L’OEEICIEK DE MARINE.
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vos crémaillères, vos linguels et vos chaînes, est-ce que nous ne naviguions pasnous autres sans tant de mécaniques? » Les bâtiments a vapeur ne trouvent pointgrâce devant lui ; apprend-il la nouvelle d’une explosion de chaudière ou d’un in-cendie : « Eh bien! dit-il, voyez-vous leurs maudits bateaux dont ils se vantenttant! toujours des accidents ; depuis le mois de janvier, voici le troisième qui prend•en comme un paquet d’étoupes. On en reviendra, je vous le prédis. La voile, par-lez-moi de la voile! voila qui est marin, au moins; mais leur vapeur et leurs pis-tons, qu’est-ce que ça signifie? n’est-il pas déplorable qu’on veuille toujours, tou-jours innover? Ah! notre marine a bien perdu a tous ces changements; autrefois,on armait une frégate d’un coup de sifflet comme une chaloupe, aujourd’hui, avectous leurs systèmes, il faut des mois entiers. » Si vous cherchez 'a combattre ses opi-nions, il vous tourne brusquement le dos; mais si vous abondez dans son sens, ilvous pardonne môme d’être jeune officier, et a la fin de la conversation, il ne donnePlus son avis qu’en vous confondant avec lui dans sa pensée et en disant : « Nousautres marins, voilà comment nous voyons les choses. »
Après avoir été successivement élève, enseigne, lieutenant de vaisseau, capitainede corvette et capitaine de vaisseau, l’officier de marine peut devenir officier géné-ral; mais une fois là, le type s’efface sous une forme personnelle qui est rarementcelle de l’Homme de mer proprement dit. Un contre-amiral embarque encore quel-quefois, commande une division ou une station navale, plus souvent il n’a que desJonctions administratives ou diplomatiques, préfet maritime dans un port, gouver-neur de colonie, ambassadeur ; il n’est plus marin que par son passé. Les vice-ami-•aux prennent la mer beaucoup plus rarement; en temps de paix, c’est un phéno-mène. Quant à l’amiral, ses navigations sont un mythe, et il ne montera jamais'l’autre navire que l’allégorique vaisseau de l'étal.
G. DE LA LiANDELLE.