LU MATELOT.
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!es ouvrages possibles. Dans le tremblement de terre de la Martinique , la pioche etla brouette lui semblaient aussi familières que l’aviron ; et lorsque arrive le jour dupassage de la ligne, il fait honte au plus ingénieux costumier par l’art qu’il metiitrouver des jupes, des perruques, des masques et des attributs de toute espèce a bord‘l’un bâtiment où rien de semblable ne paraît devoir se rencontrer. Aussi, pour lecombat, il se soucie fort peu des armes qu’on lui distribue ; il s’en improvise degigantesques qui ont pour lui un charme secret et lui font négliger le sabre ou lefusil dont ou l’a muni d’abord. L’un s’empare d’un levier de fer, un autre d’unliarpon, un troisième d’un biscaïen cstropé au bout d’une corde, et les voilà parésa l’abordage. Le combat pour les vrais matelots est un plaisir réel ; ils trépignent dejoie en pensant à l’heure de se peigner d’une manière quelconque. S’agit-il d’un in-cendie, d’un débarquement en armes, d’une expédition périlleuse, il se présentera•oujours trop d’hommes de bonne volonté qui s’élanceront avec joie au-devant du‘langer. Quelquefois, pourtant, la pensée d’une action ramène le matelot à des ré-flexions plus graves : en de pareils moments il peut atteindre jusqu’au sublime. Laveille du combat de Navarin, les vaisseaux français voguaient beaupré sur poupePour pénétrer dans la baie; mille bruits belliqueux s’étaient accrédités à bord, et,quelle que fut la pensée des chefs, il est positif qu’aucun matelot ne mettait endoute un engagement sérieux pour le jour suivant. Un gabier de beaupré, chargé‘l’aller placerun fanal de manœuvre àl’avant, s’arrêta alors, et, s’adressant à la statue‘lu vaisseau : « Mon vieux, dit-il à haute voix, tu nous éclaires ce soir, nous t'illu-uiinerons demain ! »
Privé par sa carrière même de la société du sexe féminin, le matelot n’a jamais‘lue des amours faciles; il estime une femme à sa valeur physique, et souveniUiême s’inquiète peu de la jeunesse et de la beauté. Mais pour une orgie il ne sauraSe contenter d’une seule ; il en voudra trois et plus, suivant l’état de ses finances,'‘récédé d’une vielle ou d’un hautbois, il se fera mener de l’auberge à la guin-guette, de la guinguette à la danse, jusqu’à ce que, épuisé, il tombe de fatigue aucoin de quelque rue obscure. Si cependant il lui arrive de devenir amoureux, alorsA est d’une folle prodigalité ; il s’ingénie à faire passer sa bonne amie pour sa sœur°U sa cousine, quelquefois pour sa tante; lui délègue la plus grosse part de sesn Ppointements, et place une certaine gloriole à se faire ainsi tromper, car il estlar e qu’il soit complètement dupe des protestations de la belle. Enfin, s’il se ina-r ' e , il est généralement le plus complaisant des hommes; mais, plus que partout'Alleurs, il apporte dans l’état du mariage l’insouciance de son caractère. Il aban-( l°nne sa paie et n’entend se donner aucun embarras. Ses Fils sont destinés dès le* )e cceau à vivre comme il a vécu, et ses filles, faute de pouvoir marcher sur leslr aees de leur père, se consacreront uniquement à la classe des matelots: elles se-,0| H marchandes, eabarclières, hôtesses, et finiront par épouser des marins et don-"cr le j our à des mousses.
'■'industrie d’un vieux matelot qui a enfin atteint l’âge de la retraite se borne
‘“<1 inaire à des ouvrages de patience ; alors il fabrique des chapeaux de paille,’fl'cc de petits navires modèles, ou s’occupe d’autres menus travaux plus éloignés
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