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Province. Tome premier.
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I-.ES gens de mer.

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lelol d’un tel. » Telles sont les expressions de leur amitié ; enfin le plus grand élogequ’ils puissent faire de leur officier est de le qualifier de bon matelot.

Le matelot français n’est jamais impoli par système, sa rudesse n’a rien d’artifi-ciel ni de prémédité; il a bien son amour-propre de métier, mais cet amour-propren’est le principe d’aucune fanfaronnade grossière. Souvent on le trouvera empressé,complaisant, galant même, et l’on remarquera que jamais il ne heurte personnedans les rues ainsi que l’affectent les matelots anglais . Par suite de son habitude devivre constamment dans un espace étroit, de se glisser a travers les groupes de sescamarades, il circule au milieu d’une foule en effaçant le corps comme un dandydans un salon, ne songe pas a user de ses forces pour s’ouvrir un passage, et sudpar bonhomie 'a terre sa coutume de bord. 11 est toujours prêt à céder le ha lltdu pavé a tout autre qu’a un soldat. Ses expressions de mépris sont cependant nom-breuses; après le terme de troupier et ses synonymes, ceux de paysan, bourgeois etmaçon reviennent fréquemment ; celui de négociant surtout, qu’il lance avec une in-croyable naïveté, lui paraît la définition exacte de la fainéantise. Mais ce qu’il fié trltle plus énergiquement, c’est, sans contredit, le cambusier, ou distributeur des i' a 'lions à bord. Il n’y a pas de bonne plaisanterie sans un coup de patte a l’agent desvivres. Celui-ci est le paria du navire, on l’insulte de gaieté de cœur ; lui, s’en veng«par de grands airs dédaigneux ; il joue toujours le rôle de monsieur, et du fond deson antre enfumé sourit de pitié aux épithètes de rogneur de portion eide voleu'qui lui sont prodiguées. Eh bien, malgré cette haine incessamment florissante, si I ecambusier a réellement besoin des matelots, il les trouvera toujours prêts à le ser-vir. Il n’y a pas de fiel dans leur animosité, leur aversion n’est jamais raneuneuse,ils pardonnent comme ils offensent ; on en voit trinquer avec les gendarmes qui l esont arrêtés la veille et qu’ils attaqueront le lendemain.

En matière politique, le matelot n’a pas d’opinion : il vous dira qu’il lui est p aI 'faitement égal que la France soit gouvernée par un chameau, un bédouin ou un sing e >mais il n’en chante pas avec moins d’enthousiasme les hymnes patriotiques, et u’ ctautant de feu qu’un acteur du Cirque-Olympique à faire sonner les r de FrrrranÇ alS-Les louanges de l’empereur font du reste perpétuellement ses délices. Quoiqu’il n ° ÿSait faits troupiers, c’était tout de meme un crâne matelot ! ajoutera quelque conie ,,r

à l’une des mille anecdotes qui circulent sur l’inépuisable sujet. Malgré leur t»

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férence politique, on peut affirmer qu’en cas d’émeute, les matelots se jettercorps et âme dans la faction populaire. Ils agiraient ainsi par partie de p |a * s * rsans but déterminé, mais uniquement pour faire du branle-bas et bâcher sur l eSpousse-cailloux et les gendarmes. Ils seraient terribles dans cet abordage, con>" |( ’lorsque, dans les rues de Brest bu de Toulon , une rixe vient à éclater entre la @ arnison et la marine. Il est peut-être heureux pour les gouvernements successifs fl 11n’ait pas résolu le problème de Paris port de mer ; le nombre des émeutes y selcertainement doublé.

Le matelot, je l’ai dit, est bon à tout. Que ne fait-il pas à bord? il devient su 6eessivement peintre, sculpteur, chapelier, cordier, tailleur, coutelier, boucher, ui açon, etc. Il n’est étranger à rien, et trouve naturel qu’on s’adresse â luipuui' ,oll ‘