POPULATIONS MAH1TIMLS.
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lent jamais différer d’un instant le moment du départ. On en cite une qui réussita se faire enrôler comme marin, an moyen des papiers d’un frère plus jeune. Kilolit trois voyages a Terre-Neuve, et passait pour lemeilleur matelot du navire, quand un hasard vinta faire découvrir son sexe: elle tempêta, tonna,déclara injuste de l’empêcher de continuer sonmétier. Bon gré, mal gré, il fallut renoncer auxvoyages de long cours. Depuis elle a disparu dupays, et l’on assure que, sous le même dégui-sement, elle est parvenue a s’embarquer dans unautre port.
Parfois, la tille des marins se fait chanteuse;dans ce cas, vous ne la rencontrerez que dans lescafés et les cabarets de matelots ou sur les quais.
Il arrive aussi qu’elle se contente de vendre del’eau-de-vie a la porte d’un arsenal. L’on voitque ces femmes n’ont pas de profession propre,elles tendent h devenir hôtesses, voilà tout. Leurmétier, quel qu’il soit, n’est qu'un moyen, il ne les caractérise pas; c’est par leursgoûts et leurs usages qu’elles se dessinent. Si l’une d’elles, par exception, vient àse laisser séduire par un soldat, une rumeur générale règne dans tout le quartier,il n’est pas d’épithète assez grossière pour la misérable, pas de traitement assez sé-vère. Cependant, dans les petits ports, l’absence des parents donne trop de facilitéau militaire aventureux pour que le fait ne se présente pas de temps à autre
Il y a deux ou trois ans, dans l’un de ces havres de cahotage, l’on plaça provisoi-rement une compagnie de voltigeurs en garnison. Le pompon et l’épaulette de lainefirent, tourner la tête à quelques jeunes filles de pêcheurs, et l’une d’elles, prise surle fait par son père, vieux marin qui professait au plus haut degré le mépris dutroupier, fut soumise aux plus durs châtiments. Le père l’attachait à une chaîne etfermait soigneusement la maison toutes les fois qu’il allait à la pêche. Le galantfil de vains efforts pour retrouver sa belle ; ses factions, ses marches et ses contre-marches furent inutiles ; sur les entrefaites, la compagnie partit pour la ville voisine.Enfin, la malheureuse parvient à rompre ses liens, va rejoindre son amant, et ce-lui-ci écrit aussitôt à la famille que son amour pour Marie-Jeanne sera éternel,fiu’elle seule peut parsemer de Heurs les étapes de sa vie, combler les créneaux deson cœur de troubadour, etc... bref, il la demandait en mariage. Le marin jura d'a-bord, réfléchit un instant, et, ne se trouvant pas assez fort sans doute de son opi-nion personnelle, alla consulter un officier de marine retraité dans les environs. Ilraconte l’aventure, et reçoit naturellement la réponse que, le mal étant sans remèdedésormais, l’unique moyeu de réhabiliter son enfant est de se hâter de conclure lemariage. Le matelot s’était si peu attendu à un semblable conseil, qu’il tourna lefins tout U coup et sortit avec colère en disant : « Quoi! commandant, c’est vousfini me dites ça? Nom d’une pipe ! jamais ma fille n’épousera un pousse-caillou 1 »