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LUS G K N S I)U MKH.
L’officier se contenta de sourire, mais le marin partit en toute hâte pour laville, rattrapa la déserteuse, et la morigéna si bien, qu’il vint a bout de lui faireépouser, quelques mois après, un camarade pêcheur fort indifférent aux antécédentsde la belle. Un pareil trait ne fait pas sans doute l’éloge de la moralité de cette classe,mais en considérant les choses de près, on y trouvera encore moins de corruptionque d’une certaine naïveté ignorante , cause première de semblables désordres.
Ces femmes que nous avons vues à bord, si patientes, si désintéressées dans leurcommerce, si enthousiastes de la mer ; 'a terre, sont entières, irascibles, extrêmesdans leurs haines, et plus farouches que les matelots pour les chefs abhorrés. Au convoid’un capitaine de vaisseau d’une affreuse rigidité, on enavuunetroupe ameutée se pré-cipiteravec rage sur lecercueil, lecouvrirde boue, mettre en lambeaux ledrap funèbre,s’emparer des insignes placés sur la bière, et les fouler aux pieds en vomissant untorrent de malédictions. Les efforts du cortège et de la force armée furent impuis-sants, elles assouvirent leur vengeance jusqu’au bout. La haine, chez elles, ne tientaucun compte des conseils de la prudence. 11 y a quelque temps, un officier supé-rieur, renommé par sa dureté, fut sommé par ces femmes de laisser descendreà terre leurs fils et leurs maris ; son refus lui valut des insultes et une telle pour-suite a coups de pierres, qu’il se vit forcé d’aller se réfugier dans la première mai-son ouverte. Le résultat de celte scène ne fut pas favorable aux matelots, le carac-tère tenace du capitaine se raidit de plus en plus contre les demandes, et le départdu bâtiment put seul mettre fin à la guerre ouverte que lui avaient déclarée lesfemmes de ses subordonnés. L’opiniâtreté qu’elles mettent à assaillir et braverainsi ceux qu’elles regardent comme les tyrans de leurs chers matelots prend uneautre forme, s’il faut faire des démarches dans les bureaux de la marine. Les joursoù elles sont autorisées a y venir faire leurs réclamations, elles encombrent les cor-ridors et les escaliers, se groupent aux portes et ne se tiennent jamais pour bat-tues, quelque réponse qu’on leur fasse. D’abord souriantes et polies; si leur de-mande n’est pas favorablement accueillie, elles s’échauffent, s’emportent et souventles gendarmes et les gardiens sont obligés de les repousser par la violence. L’exc-cratiou des commissaires est portée en elles à l’exlrême. Il n’est pas d’infamiesqu’elles n’en disent lorsque leurs requêtes, souvent absurdes, n’ont pas été écoutées.Ulles vous détailleront la vie privée de chacun des employés, vous raconteront lesmoindres épisodes de sa chronique scandaleuse. Une jeune fille qu’elles citeronln’a pas obtenu de toucher la délégation de son frère, parce que sa pudeur s’est révoltéeaux propositions de tel ou tel administrateur. La calomnie ne s’arrêtera pas en sibon chemin, leurs langues envenimées n’épargneront ni les femmes ni les mèresdes employés qui auront rendu leurs demandes infructueuses. Mais aussi la com-plaisance ou l’humanité de quelque commis de marine vient-elle a être reconnuecomme un fait constant, les cent trompettes de la renommée seront insuffisantes po» 1 'publier ses louanges. L’on en pourrait nommer dont la popularité, grâce à elles,s’étend sur tout le littoral de llayonne à Dunkerque , Ulles font et défont, dans leu»conciliabules, les réputations de tous les chefs de la marine militaire ou marchande-Officiers, aspirants, armateurs, capitaines au long cours, officiers de santé, elles