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Province. Tome premier.
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LUS G U NS DU MK K.

On ni* peut, nier toutefois la valeur hygiénique de l’orgue. Dans les temps calmes,hors des parages de pêche, on le monte sur le pont ; les matelots, jeunes ou vieux,dansent pendant quelques heures, reçoivent avec reconnaissance deux doigts d’eau-de-vie mêlée d’eau, qu’on leurdistribue dans les intervalles de repos, et se séparentensuite, suivant qu'ils sont libres ou de qnari, non sans s’être querellés, quelque-fois même battus.

Sur un grand nombre de bâtiments de guerre et de commerce on cherche, pat 1ce même moyen, a distraire les matelots des ennuis de la navigation souvent inac-tive entre les tropiques. A bord des navires baleiniers, dans les mêmes circon-stances, ces réjouissances ont lieu avec moins de solennité, mais se renouvellentplus souvent.

Dans les temps de pêche, si un coup de vent pousse le navire hors des paragesfréquentés par les baleines, la brise ne revient pas toujours favorable; le calmel’arrête quelquefois assez longtemps, et les matelots impatients trouvent le tempstrop long et l’inaction les décourage. Il importe alors de leur procurer quelque amu-sement, calme ; car la santé et le contentement du matelot, qui dépendent en grandepartie de son activité morale, sont a la fois un motif de sécurité pour les officiers,un témoignage de la bonne administration de ceux-ci, et une puissante garantie desuccès pour l’opération.

C’est souvent à la suite de ces mauvais temps que les navires en croisière se ren-contrent et se réunissent. On s’accoste, quand on n’a rien de mieux à faire. Lescapitaines s’invitent à dîner par des signaux appropriés à ce langage; on hisse a lacorne de brigantine un jambon, une dame-jeanne, ce qui veut dire : — Je puis vousrecevoir; — sinon, le pavillon en berne signifie : — J’ai du biscuit et de la viandesalée a votre service ; invitez-moi, j’absorberais volontiers quelque repas meilleur-

— On masque donc le grand hunier; puis on gamme, selon l’expression consacrée,e’est-'a-dire que les uns vont visiter les autres.

Le capitaine Butor va trouver le capitaine Bonhomme; vous voyez alors se re-tirer dans leurs chambres tous les officiers qui ne sont pas de service sur le pont-La société de l’étranger serait peut-être agréable en tout autre lieu ; mais, a bord,il parle trop haut pour qu’on l’écoute ; il disserte impertinemment sur tout ce quignore; vous le confondriez avec l’ânesse de Rainant.

« Captain ! vient dire le mousse, y a un navire par la hanche de tribord.

— Va dire au second de masquer. »

Après un quart d’heure, on hèle d’un joli bâtiment dont le capitaine paraît l (,uljeune ; il promet de venir , il vient. Les officiers vont à sa rencontre, on paraît 1 almer; M. Butor seul n’est pas enchanté de l’entrevue : on accueille le nouveau ven»comme il n’était pas venu a l’esprit de recevoir M. Butor. En quoi diffèrent-ils donc ■Ils sont également baleiniers, aussi habiles, aussi braves; leur vie est la mên ie ’ils ont réussi tous deux dans leur expédition. M. Butor attribue ses succès à la ‘* 11reté de son caractère qu’il a soin de proclamer énergique ; il aime qu’on dise de h' 1 ^

— C’est un dur à cuire, un loup de mer ; — ce sont les flatteries qu’il accueilleplus volontiers. L’autre parle a tout le monde avec douceur et bienveillance: G ,,n