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galet a le scorbut, il le soigne lui-même ; lioquelaure est blessé dans un combatcontre des cachalots, le capitaine lui donne son lit. En relâche, il excite les mate-lots à la joie; il les tire de prison quand, dans l’ivresse , ils ont frappé des Anglais .Il a toutes les qualités d’un bon marin, d’un bon pêcheur, mais il a de plus lesmœurs d’un habitant des villes. Butor sait pêcher, celui-ci sait vivre. Dans lesports on les distingue encore, non-seulement par l’accueil différent qu’ils reçoi-vent, par les lieux qu’ils fréquentent plus volontiers, non pas même a cause de leurcostume, de leur conversation; mais l’un, plein de confiance dans tous les avantagesdont il se suppose doué, se montre partout ; on le voit rarement, très-rarement desang-froid, et, s’il chante avec ses équivalents dans les rues, c’est 'a faire tremblerles femmes et les vieillards, autant h cause de la signification du poème que parl’étendue de sa voix. L’autre a bien quelque intrigue dans tous les pays qu’il par-court , mais il le laisse ignorer à tout le monde ; a le voir dans les rues de d’Hobart-Town, on le croirait chez lui ; on le salue comme un voisin, tant on le connaît etl’aime déjà; en invitant ses convives, l’amphitryon promet le capitaine un tel, commeà Paris on annonce un improvisateur polyglotte. A la Nouvelle-Zélande même, lessauvages aimaient plus particulièrement le navire de ce même capitaine ; ils ypassaient toutes leurs journées, tout s’y faisait avec ordre; on ne les en repous-sait jamais durement, mais on ne leur souffrait pas une trop grande liberté.
Dans ces lieux de relâche, on ne trouve ni société, ni théâtre, ni taverne, rienenfin de ce qui offre aux voyageurs un asile contre l’ennui. Les baleiniers se vi-sitent donc entre eux; les baies offrent alors le spectacle d’une petite ville ; on sait cequi s’ est passé la veille à bord du voisin, ce qu’on y a projeté pour le lendemain.S’il a une baleine, avant que les canotiers l’aient remorquée, avant que le capitainelui-même le sache, on va le féliciter et juger d’un coup d’œil si la récolte d’huilesera considérable. En exceptant quelques jalousies de la part des capitaines moinsheureux, tout est fort bien entre les différents équipages. Les matelots même, sousce rapport, sont meilleurs que les capitaines, car ils ne médisent pas les uns desautres, moins civilisés en cela que les états majors respectifs de chaque bâtiment.
Le matelot baleinier n’est certainement pas habitué a fréquenter les puissantsde la terre, il se trouve rarement en contact avec des princes ; eh bien ! vous nele verriez pas timide avec les rois qu’il rencontre à la Nouvelle-Zélande ! il ne seprécipite pas au-devant des poignées de mains, il les reçoit avec dignité. Il està la fois bienveillant et lier ; il sourit gracieusement aux princesses qui se montrenta lui. On se figurerait difficilement, en effet, combien, a la Nouvelle-Zélande , les ba-leiniers se sont concilié l’amitié des naturels. Le caractère sauvage des Indiens ne sesoumet qu’extérieurement d’ordinaire â la supériorité industrielle que les Européensdéploient devant eux; en admirant nos richesses, sans les envier, ils n’en redoutentPas moins notre ambition, et suspectent d’autant plus nos intentions, que le but denos visites leur apparaît moins évident. Mais ils ont égard à la confiance avec laquelleles baleiniers fréquentent leurs ports et s’v présentent sans armes. Les Mahoüis, eneffet, montent librement à bord, partagent le plus souvent les repas de l'équipage,l’aident dans les manœuvres du cabestan, dans les travaux de pêche hors des baies