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Province. Tome premier.
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de consolation ; il interrogeait les regards de tons ceux auxquels, dans sa misère, ilcroyait connaître un eo-ur compatissant :

« Il fait froid aujourd'hui, m’sieu !

— Mais, oui, père David.

— Y a bon feu au fourneau, si vous voulez chauffer vos pieds. » Le ton qu’ilprenait alors promettait une confidence et paraissait demander un soulagement.On voyait toujours couler, après ces élans de confiance, quelque larme sur sesjoues ridées. Pauvre homme! c’était une jouissance pour lui de raconter sespeines : l’écouter, c’était, à ses yeux, un acte de dévouement.

Il récapitula ses projets. Il maudissait en somme les tourments de la campagne;mais ils étaient passés, et les détails de ses douleurs, il les avait oubliés. Il sevoyait déjà dans le Havre; il choisissait un habit de noce, il invitait son monde,et, dans ses illusions, le novice trop ingrat auquel il s’élail attaché durant le voyagedevait donner le bras a sa tille.

Après de dures et longues épreuves, ce novice s'était procuré quelques amis pardes services; il avait acquis, plus tard, la réputation de conteur, et les histoires al’aide desquelles il amusait les matelots dans la traversée lui avaient concilié leursbonnes grâces d’une manière presque exclusive. Le novice donc, cet ange consola-teur, qui venait autrefois fumer sa pipe dans la cuisine, aux dépens, bien entendu,de la blague du vieux David, négligeait absolument son ancien camarade.

C’eut été, pensait-il, appeler de nouveau sur lui les persécutions auxquelles ils’était si difficilement soustrait. Après avoir réfléchi: — Que peut d’ailleurs avoir-d’aimable pour moi, se disait-il encore, la société d’un être abruti par le désespoir.qui n’a jamais a réciter que des lamentations, el ne rêve qu'a la vieille femme qu’ilveut épouser au retour?

David passait quelquefois sur l avant, et s’approchait alois le plus possible du no-vice. Il l’aimait autrefois, il le respectait maintenant.

Cependant il osa lui dire :

« Tu ne fumes donc plus, lîemi ?... As-tu du tabac ? .le ne le vois plus. »

Mais un des matelots entendait.

Remi fut dur el moqueur; puis il rougit

A quelque temps de l'a, le bâtiment renlraitau Havre. Le pauvre David allait revoirsa fiancée : mais elle était mariée ; il allait aussi retrouver sa tille : elle payait patente-

Toutes deux devaient l'attendre au quai ; lui-même était monté sur la grand ver-gue, suivant leurs signaux convenus dès deux ans. Quelques femmes levèrent lesyeux : il crut les reconnaître...

Il appelait encore Marguerite lorsque, tombé de la hune, son crâne se brisa sutles lisses.

« C’est le vieux! » dit quelqu'un sur le quai.

Les femmes, ne crièrent pas ; les baleiniers lurent émus. Le novice pleura, dit- 1111-

(t’était un Parisien.

Te Gourai Niho-Touka.