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fidèles viennent réciter les prières et le chapelet dans la cabane désignée, après quoile prêtre s habille. Avant de commencer la messe, il l'ait aux lidèles une courteinstruction ; pendant la messe, le catéchiste récite à haute voix les actes avant lacommunion, pour ceux qui s’y préparent; ensuite chacun s’en retourne h son ou-vrage. Le catéchiste va chercher et exhorter dans leur maison les lièdes et les pa-resseux. Le missionnaire catéchise les enfants, confesse, reçoit les visites des chré-tiens, juge leurs différends, empêche les procès, éteint les haines. Ainsi se passe lejour. Sur le soir, les fidèles viennent à confesse en plus grand nombre, et le prêtreest souvent obligé de rester une partie de la nuit au tribunal de la pénitence. Ceconfessionnal n’est autre chose que la fenêtre de sa cabane, h laquelle on adapteun treillis de bambous. A la nuit, les fidèles se rassemblent de nouveau, mais entrois lieux différents, savoir : les grandes personnes dans la cabane où le prêtre ditla messe ; les jeunes gens dans la demeure du second catéchiste; et les enfants chezle troisième disciple du missionnaire. Le dimanche, ce sont encore les mêmes exer-cices, seulement les chrétiens sont plus nombreux. Quand il a ainsi passé quelquetemps au milieu de son troupeau, qu’il commence il remplacer par de nouvelles;rffeclions les affections perdues, il faut que le missionnaire parte : d’autres chré-tiens attendent ses soins. Quelquefois leur village est h plus de cent lieues de di-stance; alors ce sont les mêmes dangers que lorsqu’il a fallu se rendre en Chine pour la première fois; il faut recourir aux mêmes ruses. Tantôt déguisé en man-darin, le missionnaire voyage couché dans un filet recouvert d’une natte: tantôt,héritier de la barque de saint Pierre, il vogue, habillé en pêcheur, sur les eauxdes fleuves; le plus souvent, faute d’argent, c’est à pied qu'il fait ses courses. Alorsune longue barbe cache son visage, un large turban enveloppe sa tête, et un cha-peau de paille d’environ neuf pieds de circonférence le couvre en entier; ses largespantalons sont relevés jusqu’au genou, ses pieds sont nus, et sa main est ornéed’un bâton gros et noueux. Il chemine ainsi pendant plusieurs semaines, au seindu plus vaste empire de la terre, seul, sans soutien, sans personne pour l’encoura-ger, personne, si ce n’est cette voix d’en haut qui lui dit que la vie n’est, qu’un pè-lerinage, et le monde entier un lieu d’exil. N’allez pas croire cependant qu’arrivé àsa destination le missionnaire ait terminé ses épreuves. A peine met-il le pied surle seuil d’une cabane hospitalière, que la crécelle retentit dans le village; le man-darin a reçu l’éveil, il faut que le prêtre reprenne sa course et qu’il aille traîner sonexistence sur le sommet des montagnes, dans la profondeur des vallées, dans l’obs-curité des souterrains. C’est ainsi qu’il forme un nouvel anneau de cette chaîne deprophètes, d’apôtres et de missionnaires, qui embrasse tous les lieux et s’allonge àtravers tons les siècles. Quand il revient au bercail, les brebis ont été dispersées,les ornements de l’humble chapelle détruits, les vases sacrés emportés; et lorsqu’ilveut offrir le sacrifice divin pour les chrétiens qui ont survécu, pour consacrerl’hostie sainte, il ne lui reste pour tout offertoire que son cœur.
Les catéchistes dont nous venons de parler, et qui sont d’un si grand secours auxmissionnaires, se divisent en deux classes, sédentaires et ambulants. Les premierssont presque tous des hommes mariés ou veufs, les plus instruits de toute la clué-
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