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Province. Tome premier.
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LE MISSIONNAIRE.

tienté. Ils président aux assemblées des fidèles lorsqu’ils se réunissent pour prieren commun ; ils font des lectures pieuses, des exhortations familières, et annoncentles fêles, les jeûnes, les abstinences ordonnés par l’Église. Ils doivent baptiser lesnouveau-nés païens ou non, et même les adultes qui sont en danger de mort. Ilsvisitent les malades, veillent a ce que les enterrements aient lieu avec décence etdans les formes prescrites, sans aucun mélange de superstitions païennes. Il entreaussi dans leur mission d’instruire les ignorants, de soutenir les faibles, d’exhorterles pécheurs endurcis, de s’opposer autant qu’il est en eux aux scandales des mau-vais chrétiens, de concilier les différends, de faire régner partout la concorde etl’union fraternelle, enfin de rendre compte au missionnaire, lorsqu’il revient aprèsune tournée évangélique, de l’état de la chrétienté et des abus qui ont pu avoir lieupendant son absence.

Les catéchistes ambulants doivent garder le célibat tant qu’ils exercent ces fonc-tions. Ils accompagnent et aident le missionnaire dans le cours de ses visites, oumême vont partout où ceux-ci les envoient inspecter les diverses chrétientés, caté-chiser, instruire, exhorter, et suppléer en quelque sorte le prêtre absent.

Dans plusieurs missions, pour s’assurer de la capacité des catéchistes, on leurfait réciter tout entier par cœur un ouvrage en deux volumes, contenant la ma-nière de réfuter les superstitions des idolâtres, de leur annoncer la foi chrétienne,d’enseigner aux catéchumènes et aux néophytes toutes les vérités du salut, et dedisposer les fidèles a recevoir dignement les sacrements de l’Église.

Quelques missions de la Chine , de la Cochinchinc et du Tong-King renfermentdes couvents de religieuses qui, sans être cloîtrées, mènent la vie commune et ob-servent une règle austère. Quand la persécution ne permet pas d’établir des cou-vents, ces vierges chrétiennes, comme dans les premiers temps de l’Église, fontvœu de chasteté au sein de leur famille, et y vivent dans la retraite. Quelques-unes de ces religieuses tiennent des écoles pour enseigner aux personnes de leursexe les premières vérités de la religion. Objet d’étonnement et d’admiration pourles païens, ils les voient circuler au milieu d’eux avec leurs vêtements blancs,comme ces jeunes chrétiennes de l’ancienne Rome que le peuple de la ville étemelleappelait les vestales des Catacombes.

Quelques chrétientés sont assez riches pour offrir des présents au missionnaire;les hommes lui apporteront une tête de cochon ou de buffle, du bétel, des pois-sons ; les femmes et filles, différentes espèces de pains de riz, des œufs, des fruits.Les enfants aussi se cotisent, et viennent par bandes présenter quelque chose auPère. Ceci est le beau côté du tableau; mais il y a des chrétientés si pauvres qu’onest obligé d’interrompre le culte faute de pouvoir se procurer le vin nécessaire àla célébration de l’office. Arrivés devant le missionnaire, qui est assis à la manièredes tailleurs sur une estrade un peu élevée, les hommes le saluent en s’agenouil-lant le front incliné jusqu’à terre; les femmes s’asseoient sur une natte, joignentles mains, et se baissent aussi profondément. Le salut fait, on cause un instant : !<■père raconte des histoires sur la France . Un chrétien veille toujours à l’entrée decelte réunion improvisée; au moindre bruit, il donne le signal d’alarme, et In