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souliers ferrés, ni sabots, mais de vieilles savates ou chaussures molles; autrementils ne tiendraient pas sur les échelles. Vous connaisse/ probablement la lampe dellumphrey Davy? Une toile métallique aux interstices extrêmement ténus recouvrela flamme et interdit la communication entre cette flamme et les gaz- Une vis debois, fermée par une clef qu’a seul le maître mineur, empêche les ouvriers de riendéranger dans cet appareil, et il n’y a pas longtemps encore, quand la lampe s’é-teignait, il fallait que le mineur la portât à son chef pour la rallumer. On a depuisremédié a cet inconvénient par une invention précieuse : un fd de platine double ettordu en spirale est placé dans la lampe au-dessus de la flamme, qui le chauffejusqu’au blanc. Quand, par une combinaison quelconque des gaz, la flamme meurt,le fil rougi jette assez de lumière pour guider l’ouvrier dans son dédale; et dèsque celui-ci arrive dans un endroit où les gaz sont moins rares et combinés d’unefaçon nouvelle, le platine incandescent rappelle la flamme, et la lampe recommenceà éclairer le mineur. On trouve plusieurs mines dépourvues de gaz, où la lampede Davy est inutile; on se sert alors de la lampe lenticulaire a flamme libre... Ah Ivoici l’ascension de la benne terminée ! Nous avons, ç/rosso modo, assez de détailspréliminaires; vous pouvez maintenant me suivre sans avoir peurde vous trouverdans un pays trop nouveau pour vous. Approchons.
Voyez-vous de distance en distance ces orilices s’ouvrir de six à sept pieds dediamètre au niveau du sol? C’est par l'a que la sonde a passé, c’est la qu’elle aflairé ses richesses : ce sont les ouvertures que nous avons entrevues, ce sont lespuits. Voyez ces puits, boisés, muraillés, divisés en deux par une cloison de boisqui règne dans toute leur étendue, s’enfoncer de deux cents a deux mille pieds dansles profondeurs de la terre, et, au bout de ces puits, des conduits, des galeries, desrues, des mondes où descendent, séjournent et travaillent des centaines d’individusau milieu de gaz méphitiques qu’ils respirent, trempés souvent par la pluie quisuinte a travers les fissures des voûtes, et entourés d’une meurtrière obscurité queles lampes parviennent a dissiper au plus 'a quelques pas autour d’eux. Là règne lesilence morne et sépulcral ; là peu de paroles, pas de chants, le bruit, le bruit seu-lement du pic, de la poudre et du marteau. A quels travaux ne se soumet pasl’homme avide et audacieux qui rêve et veut des trésors ! la terre en a enfoui dansson sein, l’homme déchire le sein de la terre : il en pénètre, il en habite lesentrailles ! Avec les ouvriers descendent dans ces cryptes les bêtes de somme quiservent au charroi de la houille, chevaux étiques dont le poil s’allonge par un effetbizarre, et qu’on ne sort de la mine que pour les enterrer. Outre ces travailleurssouterrains, je parle des hommes, il y a d’autres individus employés aussi au ser-vice de la mine, et qui restent à la surface ; mais le nom de mineur s’applique plusparticulièrement à ceux qui sont attachés au service intérieur. Ce service de la mineayant plusieurs branches tout à fait distinctes, la société des mineurs se divise enautant de catégories spéciales : on distingue, entre autres, le piqueur, le routeur etle boiseur. Le piqueur, dont la tâche exige beaucoup d’adresse et de prudence, estcelui qui abat la houille et passe à travers les éboulements sans en provoquer denouveaux; le' rouleur est celui qui pousse la brouette et roule les chariots sur le*