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Province. Tome premier.
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ou a soin de les descendre dans mi puils séparé des mineurs , et de les flanquer d’ungardien, vieil argus armé d’une lanière de cuir, et prêta houspiller ceux qui se per-mettraient de venir cajoler ces négresses d’un jour, Cela n’empêche pas les friandsde rôder autour, et de chercher h tromper la surveillance du cerbère... Mais lestrois quarts du temps c’est une peine qu’ils se donnent sans résultat. Si une de cesfilles faisait un enfant, elle serait huée et n’oserait plus descendre dans la mine. Cejuron devient aussi familier à ces ouvriers femelles qu’aux hommes... ,1e vous laisseà penser de quel gracieux doivent être les propos galants qu’échangent ces couplesquand, le dimanche venu , ils réussissent à trouver deux ou trois heures pour allerdanser! Mais que voulez-vous déplus? L’esprit esta l’avenant du corps, la galan-terie au niveau de la toilette : la crasse charbonneuse, dont les couches successivesont soigneusement enveloppé leur corps pendant les travaux de la semaine, n’estpas tellement disparue qu’une teinte plus ou moins légère ne survive et ne témoi-gne au besoin que les mineurs sont toujours l'a. —Néanmoins ces traces du labeursont peu sensibles, et l’aspect d’un mineur endimanché n’a rien de trop repoussant ;mais il y a plus de propreté sur lui que chez lui. La grande habitude qu’il a de selaver souvent, pour n’être pas trop sale, rend l’individu presque présentable;tandis que chez lui, dans sa petite chambre de caserne , vêlements de travail et us-tensiles de ménage, lanterne et pot-au-feu, tout est pêle-mêle, tout se frotte et secoudoie. Le désordre va au delà du pittoresque dans le réduit du mineur.

Le mineur n’a pas de costume particulier. Il endosse, pour aller au travail, cequ’il a de plus mauvais dans ses vêtements, et jusqu’à ce qu’il n’y ait plus deux lilsqui tiennent ensemble, il leur fait braver les couches et les taches noires de lahouille, parsemées sur le fond jaune sale dont les teignent les eaux ferrugineusesde la mine. Un ingénieur distingué du département du Gard , M. lîrard, avait essayéde faire adopter un uniforme à ses ouvriers d’abord, pour plus tard le rendregénéral ; mais sa tentative n’a pas réussi.

Les mineurs étrangers qui voyagent, et qui deviennent pour un certain temps lescamarades des nôtres, apportent dans les mines une variété de caractères et demœurs dont on ne peut, comme observateur, se dispenser de rendre compte. Lesprincipaux de ces voyageurs sont des Saxons, des Tyroliens et des Piémontais. Lespremiers sont les plus instruits de ces groupes nomades; ils savent dessiner, ontd’excellentes méthodes et une pratique éclairée. Les seconds ont moins d’instruc-tion ; mais, comme ils sont presque tous parents, et qu’ils se montrent les uns auxautres, ils se forment très-promptement dans leur métier. Ce sont d’excellents su-jets. Quant aux derniers, quoiqu’ils soient parfois de forts travailleurs, on éviteautant que l’on peut de les introduire dans un atelier, qu’ils gâtent par leur moralet leurs mœurs; ils sont turbulents, mauvais sujets, et sympathisent peu avecla probité.

Avant de terminer, il est une chose sur laquelle nous désirerions appeler sérieu-sement l’attention de quelques ingénieurs : c’est le transport à dos d’homme. Dansla plupart des mines de lignite des Bouches-du-Rhône, de l’Aveyron , de la Loiree( de la Provence , la houille ne s’exlrail pas autrement, et c’est une chose dégra-

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