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Province. Tome premier.
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LES OIJVKIEKS DU FEH.

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sion d’un volcan, de la l'uuiee, des flammes, des cendres, des pierres incandescentes,et leur cime rougit les ténèbres azurées de la nuit des lueurs sinistres d’un incendie.

Telle est la fonderie, et ces cheminées de briques a quatre faces sont les hauts four-neaux. Derrière, sur un vaste plateau, sont entassés d’énormes amas de minerai,de charbon de bois, de coke, de sable et de castine Approchons, et voyons nosgens a l’œuvre.

Les chargeurs errent ça et la sur le plateau, amoncelant du minerai dans desbâches de fer a deux anses, concassant la castine, en emplissant des res$es -, entas-sant le charbon et le coke dans de grands paniers. A l’une des parois du haut four-neau, près de l’orifice supérieur, est une ouverture a laquelle on a donné la quali-fication bien méritée de grand gueulard. Si l’on pouvait se pencher et regarder enbas, on y verrait les matières qu’on y jette par l’insatiable gueulard, liquéfiées,tordues, changées en laves brûlantes .au fond de cet effroyable cratère.

Un chargeur s’avance sur le bord de l’abîme. H lient à la main une barre de fer,au bout de laquelle pend une autre barre du meme métal ; il sonde la cheminée,et reconnaît qu’il est temps de porter une nouvelle charge. Bâches, resses et panierssont placés sur des brouettes, et leur contenu est vidé par le gueulard dans l’ordreet les proportions suivantes 3 : castine, S kilog.; charbon, 20; coke, 2 kilog. par5 kilog. déminerai; minerai, 25 kilog.

Une soufflerie à vapeur active la combustion, en vomissant dans le creuset depuissantes bouffées d’air chaud ou froid, suivant que la fonte est destinée au mou-lage ou â l’affinage. Jour et nuit, les fondeurs , autrement dit gardes-fourneaux, sur-veillent la fusion. Ils portent une blouse bleue, un large pantalon bleu, des guêtresde toile bleue ou de peau, un tablier de toile bleue et point de chemise. Tout leurcostume est noirci de fumée, de cendre et de poussière. Leur figure mâle, basanée,où flamboient des yeux pétillants, est abritée d’un large chapeau de charbonnier.Armés d’un ringard \ tantôt ils hâtent la fusion, tantôt ils facilitent l’écoulementdu laitier, mélange liquéfié de la castine, du charbon et de la terre unie au mi-nerai; le laitier sort en ruisseau de feu par la dame, trou ménagé tout exprès pourlui livrer passage. Comme la fonte s’échapperait en torrents irréguliers, si ellemontait au niveau de la dame, le fondeur perce au bas du creuset une plaque d’ar-gile, de sable, de charbon et de scories, et la fonte ardente s’écoule soit dans unsillon de sable pour former une gueuse 5 , soit dans des poches pour être em-ployée au moulage.

Les mouleurs sont tout prêts; des modèles en bois ont été préparés par le mo-

* Carbonate (le chaux, qu’on met fondre avec le minerai. Il en sépare toutes les matières étrangères,et, par sa pesanteur spécifique, les entraîne à la surfaep. I.'étymologie de ce mot est peut-être l'allemandkalk stein (pierre à chaux).

- Espèce de vans.

5 Ces proportions varient suivant les théories des régisseurs et la qualité respective des matières. Nousn'avons pas au reste la prétention de donner un traité ex professo sur la fonte; nous voulons seulementindiquer les opérations les plus usuelles.

1 Long prisme triangulaire de métal. Les barres de fonte de petite dimension se nomment bovstats.

s Vaisseaux de fonte.

!“• I. Ul