580
i. k s <>rvuu:us du
delciif; on en a pris l’empreinte sur du sable comprimé entre des châssis de bois.Un noyau occupe le milieu du moule, et autour est l’espace où l’on doit verser lafonte. Peudant que les fondeurs nettoient le creuset après la coulée, les mouleursenlèvent les poches au moyen de civières ou de barres de fer ; les chaudières troplourdes sont promenées de grue en grue jusqu’aux moules, et là, le métal se mé-tamorphose en vases, obus, tuyaux, plaques, machines, statues, etc. Quand unepièce est refroidie et tirée du moule, Yébarheur la dégage du noyau, et rogne lesbavures produites par la fonte qui a pénétré dans les interstices des châssis.
Les ouvriers fondeurs ont peu d’instants de repos, et sont astreints à une exacti-tude militaire. La cloche de l’usine les réveille à quatre heures et demie ; elle sonneencore à cinq heures moins dix minutes ; et, un quart d’heure après, les portes sontirrévocablement fermées. Si le fondeur n’est pas à son posteau moment prescrit, unautre le remplace, et, au bout d’une demi-heure, l’absent est déchu de tous droitsau travail du jour. Le mouleur qui ne se présente pas dix minutes au plus après lecoup de cloche, perd, pour la première fois, un quart de sa journée, auquelon ajoute, la seconde fois, une amende proportionnée au temps perdu. On accordeaux ouvriers depuis huit heures jusqu’à neuf pour le repas du matin, et depuis uneheure jusqu’à deux pour le dîner. Ils travaillent souvent le dimanche jusqu’à neulheures; mais il faut un cas extraordinaire pour les déterminer à ne pas solenniser lejour du Seigneur.
Par quels bénéfices ces rudes travailleurs sont-ils donc dédommagés de leursmortelles fatigues? Les manœuvres et chargeurs gagnent de 1 franc 25 cent, àI franc 50 cent, par jour; les fondeurs, de 40 à 45 cent, par mille kilogrammes defonte; les maîtres mouleurs, 4,800 francs par an ; les aides mouleurs et les mode-leurs, de 5 à 4 francs par jour; les éharbeurs, de 1 franc 75 cent, à 2 francs. Cesmodiques appointements sont encore rognés par des amendes, et par une retenuede 2 pour 4 00 destinée à payer le docteur et le pharmacien.
Cependant les ouvriers des fonderies tiennent à leur état, et c’est presque avecregret qu’ils le quittent, vers la soixantaine, pour achever d’user, dans un coin dechaumière, le peu de vie qui leur reste. Ils ont le sentiment de leur importance, et,malgré leur ignorance absolue de tout ce qui est en dehors de leur profession, ils secroient bien supérieurs a la plèbe agricole. Leurs enfants sont élevés pour les rem-placer. Sitôt que la progéniture des chargeurs peut se tenir debout, munie de petitssacs de toile, elle va fouiller les laitiers des chemins, pour y trouver des morceauxde fonte, qui se vendent 5 centimes le demi-kilogramme; mais si elle parvient às’introduire dans les cours de l’usine, elle s’évite, en rapinant, des recherches péni-bles et souvent infructueuses. Les fils, de mouleurs deviennent mouleurs, à moinsque leur incapacité ne les condamne à déroger. On les confie à un pédagogue com-munal jusqu’à l’époque de leur première communion ; puis leur apprentissage com-mence. Ils débutent par fabriquer de petits noyaux, dont ils compriment le sable àl’aide d’une balte de fer ou de bois. Ils écument la fonte, donnent de l’air aux moules,préparent le sable, dessablent les objets moulés. On mâte leur turbulence par unesurveillance rigoureuse, et gare les amendes de 50 ou même de 75 centimes, s’ils