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Province. Tome second.
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I.K PAYSAN l)KS ENVIRONS DK KAKIS.

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par leur lotal autant que.* celles des restaurateurs de Versailles . Kt la personne mêmedu bourgeois ne serait pas en sûreté, si l’on ne savail pas qu’il est riche, qu’il a tou-jours l’argent a la main, si l’on ne craignait pas de le perdre, car a tout prendre, sion le déteste, on aime son argent. On lui fait donc bonne mine, mais c’est pourmieux le dépouiller; a peu près comme ce voleur qui saluait humblement les pas-sants, et leur présentait en même temps le bout de son escopette pour les engager amettre quelque chose dans son chapeau.

Si le paysan de la banlieue respecte la personne du Parisien opulent, il s’en dédom-mage bien sur celle du Parisien prolétaire, du Parisien qui travaille toute la semaineet ne se promène que le dimanche. Ce jour-la, s’il fait beau, le paysan ne se contentepas de la surveillance du garde champêtre ; il se met il l’affût dès le matin dans sonchamp, il se cache derrière un buisson, ou derrière le tronc d’un gros arbre. Voilà unbrave ouvrier de la rue Jean-Robert qui s’avance, escorté de sa femme et de ses troisenfants. Il vit plus à l’aise, il est heureux, il aspire l’air par tous les pores ; il jette unregard de curiosité et de convoitise sur tous ces fruits de la terre qui se montrentfrais et brillants à la surface, et qui semblent appeler la main du moissonneur! hepaysan le guette comme le chat guette la souris : déjà plusieurs fois les enfants ontvoulu cueillir des framboises, arracher des betteraves, abattre des pommes ; le pèrea retenu leurs bras. Mais le fruit défendu a tant de charmes! Mais le Parisien, quipasse sa vie entre quatre murailles, aime tant à savoir comment mûrissent les ca-rottes, comment poussent les haricots ! Enfin, le père, qui a résisté quelque tempsde mauvaise grâce, lâche la bride aux enfants... A peine se sont-ils baissés pourfaire leur petite récolte, que le paysan, armé d’un gros gourdin, s’élance à l’iru-provisle de sa cachette.. 11 crie, il jure, il tempête, il frappe... 11 appelle ses voi-sins qui abandonnent leurs champs et accourent à sa voix... On se saisit brutalementde l’ouvrier, malgré les pleurs de sa femme et de ses enfants . on le traîne jusqu’auvillage, on le mène devant le maire ou devant l’un de ses adjoints, Jean Flottard, parexemple :

« Qu’est-ce que c’est que ça? dit Jean Flottard...

— Eh ! pardine !... un bédouin, un voleur, un Parisien...

— Bon!... il a grappillé...

— Eh ! pardine!... à plusieurs mains. Y n’en font jamais d’autres... des feignants...des propres arien...

— Mais, monsieur le maire... dit l’ouvrier.

— Eh! pardine!.... s’écrie le paysan.... des phrases.... des phrases et des dis-cours... il en chantera tant que vous voudrais, père Flottard... mais c’est pas desmots... c’est la justice qu’il nous faut.

Bon !... t’as raison, Jacques Pilout... tu l’auras, ta justice...

— Mais, monsieur le maire...

— Oh! oh! oh! le pillard ! » font en chœur tous les paysans.

K’ouvrier, effrayé de ce concert d’injures, et ne pouvant d’ailleurs placer un seulmot, prend le parti de se taire.

“ Bon! reprend Jean Flottard... Parisien, Ion affaire est mauvaise... Si tu ne