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LE LANGUEDOCIEN.
Cévennes, par l’auteur du Patriote français et impartial; la Description du Lan-guedoc, par Dulaure; VHistoire de Nîmes , par Mesuard; 1 ’Abrégé de la ville deNîmes (Amsterdam , J 767, in-8), et autres recueils d’écrivains de tous les partis.Les Camisards ’, dont plusieurs romanciers ont fait des héros, étaient des assassinset des incendiaires, qui, après des scènes d’inspiration et de prophétie convulsion-naire, ravageaient pieusement les églises et tuaient des prêtres sans défense. Dansles premiers jours de l’insurrection des Cévennes, ils allèrent demander des armesau château de la Devèze, et le propriétaire ayant fait résistance, ils le massacrèrentavec sa mère, sa sœur, son frère, son oncle, et le rentier du domaine. La suite deleurs actes répond a ces débuts. « Le souvenir de la guerre des Camisards, dit unpasteur protestant, M. Frossard 2 , est encore vivant dans l’esprit de notre peuple,et ranime trop souvent des sentiments de haine entre deux portions de la sociétéfaites pour mieux se connaître et pour s’aimer. » Ils se rappelaient sans doute cettefuneste époque, ceux qui, en J8f5, vociféraient : Sarre loti griur 3 ! ceux qui fusil-laient aux cris de vivent les Bourbons ! ceux qui pillaient les maisons, coupaient lesvignes, arrachaient les oliviers des gorgi-negro ' !
Ces atrocités ne peuvent plus se renouveler, grâce a Dieu qu’elles offensaient! Leshaines s’effacent lentement, mais elles finiront par disparaître. Déjà, dans la classemoyenne, un rapprochement s’est opéré entre les deux communions. On fraternisedans les cercles, dans les cafés, dans les corps de garde, dans les loges maçonniques :la loge du Bienfait anonyme, à Nîmes , réunit en grand nombre des hommes de toutesles opinions. On cite un bourg de mille âmes, Congéniès , où sont paisiblementcôte à côte une église catholique, un temple protestant, une chapelle méthodiste etune assemblée de quakers. Puisses-tu, heureux village, communiquer à Nîmes unpende ta fraternelle tolérance!
A Nîmes , la dévotion est extrême des deux parts. Les catholiques, sevrés de proces-sions par les arrêtés municipaux, ne craignent pas de faire le voyage d’Aix, d’Avi-gnon, de Marseille , pour assister à quelque imposante cérémonie. Les protestantslisent et méditent la Bible , et ont soin d’apprendre les prières de leur rite à leursenfants. Ce zèle, loin d’inspirer des sentiments chrétiens, ne fait que rendre la dé-marcation plus tranchée. On distingue les quartiers catholiques, les Bourgades,l’Enclos Bey, le Chemin d’Avignon, et les quartiers protestants, le Four à Chaux, lesenvirons de la Fontaine, et une partie du Cours Neuf. Les Juifs sont cantonnés rueRoussy, et aux alentours de la synagogue. Dans les promenades, même séparation.Les ouvriers catholiques prennent leurs ébats aux Calquières, les protestants se ras-semblent sur le boulevard de la Comédie.
L’autorité a défendu à Nîmes l’opéra des Huguenots, joué à Toulouse sans nulle
' l>c camisada, attaque nocturne.
3 Nitnes et .ses environs in-8, 1855.
3 Cours sur le protestant!
4 Gorges-Noires, surnom populaire fies protestants. Les Eclaircissements historiques sur tes événe-ments de Nîmes en I8L*> et 181 fi, par M. Lau/e de Péret ( Paris . 1818, in-8) révèlent d’horribles détails surles excès de la réaction.