LE LANGUEDOCIEN.
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( l u iète, i| s’anime, il s’emporte, il devient sombre, irascible, vindicatif' : le plus,: <ilme des époux n’est pas sûr de ne jamais ressembler à Othello.
Or, toujours tracassé dans l’exercice de son culte, le catholique languedocien a étéinstamment dans la position d'un mari dont on cherche à troubler le repos domes-l 'que. Toujours, en Languedoc , l’hérésie a coudoyé la foi ; toujours la négation scep-lique a heurté les opinions de la majorité. A peine le christianisme était-il établi, que'es Ariens goths et vandales ont brûlé les temples, pillé les vases sacrés; puis sontVe| His les Sarrasins, les Albigeois, les Vaudois, les llenriciens, les Pétrobusiens, lesArnaudistcs, les Cathares, les Pilïres, les Patarins, les Tisserands, les Bons-Hommes,les Publicains, les Passagiens, les Béguins, les Fratricelles, et les débris de tontes ceshérésies mal détruites sC sont embouchés dans la réforme.
'"nsi, lassés par de continuelles attaques, les orthodoxes du Languedoc se sontenirassés d’intolérance et de colère. Leur haine a été proportionnée a l’audace defours ennemis ; a la violence de l’antipathie, a correspondu la barbarie des moyens der épression. On a procédé contre les dissidents par la guerre, les massacres, l’inqui-sition fondée a Toulouse en 1216, les prisons, la potence, les ceps, les galères, lar °ne, les bûchers, les dragonnades. « On les brûloit, on les écarleloit, on les démem-* )r oit, on rasoil leurs maisons, on égorgeoit h leurs yeux leurs femmes et leursPlants 1 . »
De leur côté, les protestants ont exercé d’affreuses représailles, et toutes les fois( l'ie les circonstances les ont favorisés, ils ont pris l’initiative des persécutions et de laCl 'Uauté. L’histoire fourmille de preuves d’incendies, de pillages, d’iniquités com-mises par les réformés. Le 51 décembre 1561, le consistoire de Castres proscrit'Exercice du culte catholique, fait abattre les statues et les autels de la cathédrale deSaint-Benoît, chasse de leur asile les religieuses du couvent de Sainte-Claire, les faitc °nduire au prêche, et les renvoie a leurs parenls. A Nîmes , le 50 septembre 1567,' es r eligionnaires courent la ville en criant : « Tue les papistes! monde nouveau ! »'Assassinent et jettent par la fenêtre de sa maison Péhéran, troisième archidiacre,'rainent son corps par les rues, tuent à coups de dague et d’épée, dans la cour de' évêché, soixante-douze catholiques, dont le consul Gui de Rochette, et son frèreutérin Robert Grégoire, et comblent un puits avec les cadavres des victimes. Le jourVivant, ils rançonnent l’évêque Bernard Delbène, réfugié au château de Sauvignar-§ues, et égorgent sous ses yeux son maître d’hôtel et un clerc. A la suite de ces éve-ne ments, les consuls de la ville lèvent d’énormes contributions sur les catholiques,ordonnent la destruction de lacathédrale, du palais épiscopal et de toutes les églises,À ''exception de celle de Sainte-Eugénie, qu’on transforme eu poudrière.
Ues églises de Nîmes, de Montpellier, de Lunel, d Usez, d Alais , de Saint-Gilles,' es maisons des chanoines de Nîmes, furent saccagées et brûlées en 1621 par les re-formés. On multiplierait aisément de semblables citations, si l’on voulait feuilleterdont Vaisselle ; le Fanatisme renouvelé , par Louvreleuil ; V Histoire des troubles des
■tputorjip. pour la information, t. 11.