LE LANGUEDOCIEN.
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,,st la primauté, question d’ailleurs facile à résoudre au moyeu d’uu dictionnairegéographique. Noire emploi est d’étudier les mœurs indigènes dans leurs rapports cl'laus leurs différences : nous avons déjà signalé les uns, il nous reste a nous occuper'les autres.
Dans les montagnes qui sillonnent une partie de la Haute-Loire, de la Lozère , du^ ai ’d, Je l’Ardèche , habitent les Cévennols, les Mijhlanders du Languedoc. Ils plan-lei >t des mûriers sur le versant des collines, récoltent et travaillent la plus belle soiedu monde, après celle du Piémont, tissent au métier des serges et des cadis',e l,malgré la rudesse et la continuité de leur travail, leur sobriété se contente de cbâ-Ddgnes bouillies ou grillées. Attachés à leur pays, ils ne le quittent que pour allerlaire dans la ‘ e la fenaison et la moisson. Sont-ils aisés, au lieu de chercher àg'ossir leur patrimoine, ils se claquemurent dans leurs villages, se marient a vingt!ll| s, tuent le temps à la chasse et au café, et font valoir leurs terres pour avoir l’aitde faire quelque chose. Un grand nombre sont luthériens, et, parés dès l’aube dudimanche, ils font quelquefois plusieurs lieues à pied pour entendre un prédicateur.
l’eu familiarisés avec les mouvements de l’époque, beaucoup de paysans cévennolsmit appris avec la plus vive surprise qu’un monarque nommé Charles X avait étédétrôné en 1850. Entendant les bourgeois crier Vive la Charte! sur la place de^aini-André de Valborgne : « lïiga mé, demanda un journalier a l’un de sescama-'ades, Uiya mé, moun ami, dé (/nés do un gué la C.liarto donn parla tant !
— La Chano! répondit l’autre d’un ton capable, eh ben, la C.harto es lu fenno
Louis-Phïlippo' 1 . »
Les âpres et grossiers villageois ont parfois des expressions d’une grande éner-g ,e - Dernièrement, un jeune homme de Nîmes , sur le point de s’enrôler commematelot, alla rendre visite â son père nourricier. Celui-ci le reconduisit tristement,,d > chemin faisant, il dissertait sur la vie périlleuse du marin, qu’aprèssa mort onh'ite à la mer, un boulet aux pieds. Pourachever la peinture de ces funérailles, le vieuxl'aysan ajouta : Tomba, fasoun eros et s'avala 3 . Iîossuel n’eût pas mieux trouvé.
Des campagnes revenons aux villes, et complétons nos observations par quelquesdétails.
De larges rues, des places pleines de soleil, des boutiques luxueuses, des groupesde marbre, des bassins moussus, des amours bouffis, de vasles escaliers de pierre,d f s promenades aux lignes versaillesqucs, donnent à Montpellier l’aspect d’une ca-l’dale. Le peuple y professe un goût royal pour la bâtisse, et honore le métier dePilleur de pierre. A Paris même, un tailleur de pierre obtient immédiatement less, 'ffrages de ses collègues, s’il prouve qu’il a fait son apprentissage â Monlpellier^ es t une recommandation puissante, une garantie certaine de capacité.
Des femmes jouent un grand rôle à Montpellier . Elles ont pour le commerce unev °cation prononcée, tiennent les livres, dirigent les maisons de commerce, suppléent
étoffes de laine..
f ‘ * Dis-moi, mon ami, qu'csl-ce «lotie cpie celle charte dont on parle tant ? — l.a charte ! eh bien, c'est la'‘inniode I.oiiis-Pliilii>|ie.»
11 tombe, il fait son creux (sa fosse ), cl il se recouvre i il s'ensevelit lui-même).