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Province. Tome second.
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LE L A i\ G L E L)OC I E N.

par l’activité et l’écoiioiiiie a l’indolence et il la prodigalité de leurs maris. Si l’in-dustrie ne leur offre pas en leur ville natale assez de chances de succès, elles vontdébiter ailleurs de l’indienne et du calicot, et il n’est guère de localité qui ne pos-sède quelques-unes de ces émigrées dites Monlpcllières.

On trouve au chef-lieu de l’Hérault des gâcheuses, des maçonnes, des portefaix etdécrotteurs en jupon, des facteurs femelles de diligences. Si l’on voulait reconsti-tuer le fabuleux empire des Amazones, ou l’utopie émancipatrice des saint-simo-niens, Montpellier fournirait un contingent considérable à la nouvelle colonie.

Le travail n’a point fait renoncer les Montpelliéraines aux inclinations prédomi-nantes de leur sexe. Dames et grisettes sont vêtues avec luxe, étincelantes de joyaux,savantes dans le choix et l’arrangement des étoffes à leur usage. Leur coquetterie pa-raît avoir une origine bien reculée, puisque le roi Charles Y, de concert avec lesconsuls de la ville, fulminait, par lettres patentes du 15 octobre 1567, contre lefaste des habitants : Ut pompa quorumdam ejusdem vilke Monlispessulani, et dis-solubilis status al que geslus vestium et ornatuum, Deo odibïles, desererentur . Lesréprimandes du bon roi n’ont pas été d’une grande efficacité.

Les Montpelliérains sont a moitié médecins, et pleins de respect pour la sciencehypothétique d’Esculape. La réputation de leur Faculté, fondée en -1180 par des miresarabes et sarrasins, attire encore une foule d’opulents malades, sur lesquels l’indi-gène, docteur ou marchand, prélève de fructueuses contributions. Il réussit moinssûrement dans les spéculations dont les étudiants en médecine sont l’objet. Les étu-diants de Montpellier sont plus tapageurs que ceux de Toulouse , moins soigneux deleur mise, plus enclins aux longs cheveux et aux barbes incultes, et, qui pis est,plus récalcitrants débiteurs. Ils s’arrangent toujours pour prolonger leur séjour aMontpellier : le climat est si beau, l’air si pur, la vie si douce ! Ce n’est guère qu’a-près un refus formel de subsides de la part de leurs familles, qu’ils s’exécutent,passent leur thèse, et, précédés d’un appariteur dont la masse est entourée desreplis du serpent d’Épidaure, endossent la robe rapiécetée de Rabelais pour se faireadmettre au doctorat.

Depuis 1858, un chemin de fer mène de Montpellier à Cette, petit port de mersitué au pied de hautes falaises, entre la mer et l’étang de Thau, auquel aboutit lecanal du Languedoc. Ce port approvisionne de poisson Nîmes et Montpellier . Lerivage est bordé de misérables huttes, chétive résidence de pêcheurs et de pêcheuseshabiles au maniement de la ligne et de la fouanne. Ils font usage de l’une sur lequai, ou, tenant l’autre en main, attendent pour les harponner au passage les mu-lets qui remontent l’étang. La pêche en pleine mer se fait la nuit, a la luminada '•Les barques rentrent le matin chargées de thons, que les femmes emportent dansleurs cabanes, où se pressent les acheteurs et les marchands de marée. Mais ce n’estpas fa, comme on devrait le croire, la principale occupation des Cettois. Voyez ceque peut l’industrie ! elle a fait de Cette un pays vignoble, ou plutôt une manufac-

Aux flambeaux.