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LE PROVENÇAL.
ni <ns, de ses lilas, dont il comprenait le mystérieux langage, lorsque a la suite d’unerévolution politique, il fut vendu comme esclave à des marchands d’Anatolie . Sesconnaissances en horticulture le rendirent précieux à son maître, qui le plaça à latete de ses plantations de garance. Les Turcs connaissaient les propriétés de cellePlante , et ils tenaient lant a s’assurer les bénéfices qu’elle pouvait donner, que laPeine de mort était prononcée contre celui qui en exporterait la graine à l’étranger.Courbé sur son travail de chaque jour, l’esclave persan songeait a la liberté et h lafortune. Enlin le destin lui fut favorable; il put quitter l’Anatolie emportant unPaquet de la graine précieuse, et il arriva en France a peu près au moment oiiParmentier venait d’inventer la pomme de terre. Le monocotylédone et le tuberculedébutèrent a la fois, mais la pomme de terre, plus heureuse, vainquit facilementles premiers obstacles, tandis que la garance mourut de misère à Avignon , où elles ’était réfugiée. Aujourd’hui cependant l’injustice du sort a été réparée ; on a élèveon monument à la mémoire du Triptolème rouge : il s’appelait Allen, il était nédans le Farsistan , il avait passé quinze années de sa vie en esclavage, et le resledans le plus profond dénûmenl. Son monument consiste en quatre blocs de marbre .one statue, et une inscription en français d’Avignon .
Comme la ville qu’il habite, le caractère du Provençal avignonnais penl donc sediviser eu deux parts bien distinctes : l’une appartient'a l’industrie, aux instincts deta civilisation envisagée au point de vue des diverses opinions politiques ; l’autre,et c’est peut-être la partie la plus curieuse, représente, l’influence du passé géogra-phique et historique. Du reste, cette grande division morale, qui n’est autre choseHue la lutte entre le présent et le passé, nous la retrouverons a chaque pas, sousmille formes, dans toute la Provence.
Lorsque, du haut de la plate-forme qui couronne NoIre-Dame-des-Doms, vieillee glise qui renferme les tombeaux de plusieurs pontifes, et celui du brave Grillon, on■talle un coup d’œil sur les tours du palais des papes, que les efforts du temps et