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Province. Tome second.
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l’àcre mistral réunis n’ont pu entamer, on comprend comment il se fait que le ca-tholicisme étende encore sur Avignon son influence incontestée. Il y a dans cette villeune bourgeoisie nombreuse composée de familles qui n’ont pas voulu jouer leur mo-dique patrimoine dans les hasards de l’industrie, et qui, vivant dans l’inaction, ontcependant besoin desatisfaire l’activité de l’imagination méridionale. Ceux-là trouventune occupation nécessaire dans les pratiques du culte. L’arrivée d’un prédicateur,l’intronisation d’un nouveau curé, la découverte d’une relique dans nn villagesont pour eux des distractions, un texte sans cesse renaissant de conversations etd’hypothèses. Les enfants prennent au milieu de ces préoccupations de leurs parentsdes habitudes que la poésie de la jeunesse exagère quelquefois, mais que l’âge mûrne parvient jamais à déraciner complètement. C’est ainsi que les traditions reli-gieuses subsistent et se perpétuent au sein de cette bourgeoisie dont les mœurs sontdu reste fort douces. D’un autre côté, le catholicisme, en vieillissant, a fini par fer-menter au cœur de cette population ; il s’est formé, et cela ne pouvait pas êtreautrement, un noyau d’exaltés, de mystiques, auxquels le christianisme réel n’a plussuffi, et qui sont allés chercher par delà les sphères connues un aliment à leur foi.Ce mysticisme profond date des premières années de la révolution. A cette époque,un comte polonais vint dans le Midi, consolant les fidèles au nom de la viergeMarie , et leur promettant que la persécution ne serait pas de longue durée. Le Messiedes bords de la Vistule était jeune, beau, éloquent, il parlait ce langage passionnépropre aux mystiques. Son.succès fut immense auprès des femmes ; de toutes paris les offrandes aflluaient autour de lui, car ce Polonais procédait déjà par voie desouscription ; il parlait de la mission providentielle qui lui était réservée, et sanssavoir en quoi elle consistait, on se dépouillait pour l’aider dans son entreprise, l ubeau jour le comte divin partit, et l’on n’a plus eu de ses nouvelles. Ceux qui autre-fois crurent en lui, attendent et comptent encore sur son retour.

Pour ce qui concerne plus spécialement lepeuple, les confréries de pénitents, les con-grégations de tous les genres, et le confes-sionnal , sont pour lui ce que l’habitudeest à la bourgeoisie; dans le Midi tout lemonde est pénitent, comme tout le mondeest franc-maçon dans le Nord; il y a des ri-valités de confréries, comme il y a des riva-lités de compagnonnage: quelquefois les pé-nitents noirs en viennent aux mains avec lespénitents bleus, ou les blancs avec les gris,et toujours pour une question de préséancedans quelque procession. II. est rare que desinjures on ne passe pas aux coups, alors toutdevient une arme, et celui qui porte la croixs 'en sert pour assommer son adversaire. Voilà comment on comprend la dévotion dans'e Midi ; cl'e est plus dans la tête que dans le cœur, et l’on sait ce que valent les