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•ardeaux ; le chargement et déchargement des charrettes, des voitures, des dili-gences, des navires, des paquebots, se fait exclusivement par leur entremise. Plu-steurs d’entre eux se sont tellement enrichis dans ce métier, qu’ils ont pu venir aus ecours des négociants qui les avaientemployés. La corporation a ses règle-nie,| ts, ses dignitaires, son point d’hon-° eur ; les portefaix sont aussi générale-pénitents, ce qui ne les empêchePas d’aimer le théâtre avec passion, elsu rtout la musique. Le nervi et le porte-faix ne vont pas sans leur compagne ;
Ce lle du nervi est la fille du peuple dont'a corruption a souvent besoin d’un brasPour la protéger, elle est effrontée, in-Sole nte, et marche comme une Espagnole t'lui va danser la cachucha ; la compagnedu portefaix est timide quoique fi ère, ellene regarde personne et aime cependanta cire regardée; son jupon court laisseapercevoir sa jambe gracieuse, son pied^•gnon chaussé du classique bas jaune'enfermé dans des souliers de satin. LaMaîtresse du nervi deviendrabienlôt celle'le tout le monde; l’autre est une amante,el avant six mois elle sera la femme duPortefaix. Rien ne pousse au mariage comme de faire partie d’une corporation.
Pa nuit a chassé tous les promeneurs ; c’est l’heure où les gens qui vivent ducommerce reviennent de la bastide; les chemins sont encombrés de femmes, d’enfants,'I e vieillards qui rentrent chez eux, portant à la main un odorant paquet de fenouil'lui servira a parfumer la brandade nationale. Le garde d’octroi, mulâtre, débriséternel des mamelucks, que Bonaparte conduisit en France en quittant la terre desl'l'araons, jette un regard scrutateur sur chaque couffin' qui passe; les guinguettes'lu bord de la mer retentissent de cris joyeux; les mille lumières de la loniaine^ u l'oi, du P haro, des Catalans, (V Endoume, hameaux maritimes dont toutes les"taisons sont de fraîches guinguettes, étendent leurs reflets sur les eaux calmes del" Méditerranée. Dans les rues ce sont à chaque instant des chœurs qui passent endtantant ; les familles trop pauvres pour avoir une bastide, ont mis leur dîner dans"u panier, et l’ont mangé sur quelque rocher au bord de la mer; voyez-les qui re-'uurnent au logis; la mère s’avance entourée de ses enfants, l’aîné marche le pre-mier, l’autre se lient cramponné au lourd cotillon d’amadou de sa mère ; le troisième
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