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Province. Tome second.
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LE PROVENÇAL.

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autrefois Athènes , et tous ses efforts ne doivent-ils pas tendre a détruire cette Car-thage nomade qu’Abd-el-Kader oppose a tous les efforts persévérants de son commerce-

Il s’est trouvé, sous la restauration, certains individus qui, mettant du libéra-lisme dans la statistique, ont jeté sur Marseille l’anathème d’une énorme tached’encre, sous prétexte que cette ville était religieuse, que les habitants allaient encoreà la messe, et se rendaient en pèlerinage a l’église de Notre-Dame de la Garde, bâtiesur une colline au bord de la mer. Aujourd’hui, grâces a Dieu , on peut se moquerde la statistique et des statisticiens, quoique Marseille elle-même en compte un très-grand nombre réunis par ordonnance royale en société, et ayant clochette de prési-dent. Les Marseillais sont dévots, et ils ont parfaitement raison de l’être. Commentle matelot n’aimerait-il pas la vierge Marie , dont l’étoile brille pour lui d’une sidouce lueur, quand il vogue sur les mers lointaines? comment les jeunes filles n’ai-nieraient-elles pas les processions, elles qui sont si jolies sous le voile blanc, quandles brises de juin font flotter les saintes bannières? Comment ne croirait-on pas aDieu , sous ce beau ciel, au milieu duquel s’étend la voie lactée comme le cheminqui guide les âmes vers le Paradis? cet attachement aux anciennes croyances esttout naturel quand on l’examine de près, c’est l’humble dévotion d’une ville q* 11dans l’espace d’un siècle et demi a été trois fois décimée par la peste et par le cho-léra. Malheur aux peuples qui ne voient pas la main de Dieu dans les fléaux quiviennent fondre sur eux I

Depuis quand, d’ailleurs, les populations religieuses ont-elles cessé d’être intelli-gentes, â moins que ce ne soit depuis l’invention de la statistique. Marseille a fait?pendant ces dix dernières années, autant d’efforts dans l’intérêt de la science qu etoute autre ville du royaume. Il n’y a pas si longtemps qu’une jeunesse nombreusese pressait aux cours de l’athénée. Aujourd’hui encore, la bibliothèque de cet éta-blissement fondée par un jeune homme d’une intelligence élevée, M. AdolpheVincent, présente un ensemble unique en province. Si l’autorité secondait le mouve-ment, nul doute que la littérature et les arts ne prissent un développement véritable-Les derniers lauréats du Conservatoire et de l’Institut sont en grande partie Mar-seillais. Malheureusement, l'a comme partout, l’autorité n’a pas conscience de sa mis-sion. L’intelligence ne manque pas aux administrés, mais bien aux administrateurs-C’est, du reste, la plaie de toute la France . Il y a un essor que les hauts employésne peuvent arrêter, c’est celui du commerce, cet essor domine tous les autres h Mar-seille , sans cependant les comprimer entièrement. Les Marseillais ont leurs condi-tions d’existence comme les autres habitants de la France ; ils font partie d’unecaravane qui a trouvé une source sous des palmiers, et qui a campé autour de lasource. Ce sont des gens de tous les pays, des Français, des Italiens, des Espagnols ,des Maures, des Juifs, mais enfin ce ne sont point des barbares. Marseille s’éveifl etous les matins au carillon de quatre grands journaux. La poésie, la musique, tousles arts sont les bienvenus chez elle ; son âme n’est point desséchée comme sescollines. Elle n’a pas démoli d’église depuis quarante ans ; elle est tolérante, elle prieen grec, en hébreu , en latin, et il ne lui manque plus que de voir s’élancer au-dessusde ses rues les flèches de quelques minarets pour assortir les quatre croyances sur-

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