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LE BASQUE.
d'inclination, son frère ou sa sœur puînée sont appelés a jouir île tous ses droits-Cette antique coutume, que l’empire du Code civil n’a pu déraciner, ne con-tribue pas peu à entretenir la monomanie émigrante qui décime la populationbasquaise, et la pousse au delà des mers. Chaque année, plusieurs centaines decadets basques se dirigent vers l’Amérique méridionale. Tous y vont cherche 1 'fortune, mais la plupart ne trouvent que privations ou affreuse misère. Au surplus,le Basque qui, par aventure, a réussi dans son émigration transatlantique, revientconstamment au pays natal, où il reçoit le nom d’Indien, synonyme de riche. Il fai 1 '
alors bâtir la plus belle maison du village, n’afliche aucune prétention aristocratique; ^
ses manières sont simples, ses goûts faciles, et il ne rougit pas de sa famille pauvre ’>qu’il aime, accueille, aide sans ostentation. Indépendamment d’un bon nombre de ,
piastres fortes, il a rapporté de ses longues pérégrinations sous la zone torride un j
teint d’acajou, un corps sec, une canne a pomme d’or, et l’habitude démésurée de le |
promenade, des cigares, des liqueurs et du café. C’est un homme qui a vu, disent ses î
compatriotes, et ils se pressent autour de lui, sollicitent ses conseils et l’écoulent jdisserter sur la traite des nègres, la culture du tabac, parler de Bolivar, du docteur JFrancia et du farouche Bosas. On comprend maintenant comment a été rendue irre- ij
primable une récente émigration pour Montevideo , dans laquelle des entrepreneurs |
recevaient du gouvernement de l’Uruguay une prime de fO francs par Basquaise, ?et de 15 francs par Basque exportés. j
Il faut pour comprendre les actions du Basque , placer en première ligne et commeéléments enracinés chez lui, un amour du merveilleux porté a l’extrême, un désir j
de gain non moins exalté, et l’esprit le plus aventureux. De là résulte le penchant |
irrésistible à la contrebande signalé chez les Soulelins grands ou petits ; de même js’expliquent l’ancienne et redoutable piraterie des Labourdins, leurs expéditions j
maritimes jusqu’au détroit de Dawis, la guerre acharnée que les premiers de tous ;
les navigateurs ils ont faite aux baleines, d’abord dans le golfe de Gascogne et plustard dans les mers éloignées, enlin la découverte de Terre-Neuve, source de commercesi productive. Fataliste et dévot, frivole et grave, téméraire et superstitieux, le Bas-que se caractérise encore par une grande finesse, qu’il emprunte, ilit-on, au Béarnaisson voisin, avec lequel il est d’ailleurs en fréquente délicatesse. Je ne crois pas cepen-dant qu’il emprunte à son voisin sa franchise devenue proverbiale. Chez lui s’établis-sent aisément ces haines de famille à famille, de village à village,inimitiés vivaces, lie* :réditaires, éclatant comme une vendetta corse par des duels ou des guet-apens.
Dans ces luttes souvent meurtrières, sont employés un couteau effilé, le ganibet, et î
un long bâton ferré, en néflier rouge, armes dangereuses et terribles entre les |
mains du Basque et sans lesquelles il ne marche jamais. j
Mais veut-on pénétrer plus profondément dans l’intimité des sentiments du mon* \
lagnard basque? Qu’on lui parle du Bassa-Joan! on le verra frémir et s'arrêter ;
brusquement au milieu d’un couplet ; il interrompra la danse, deviendra sérieux "
et rêveur 1 . A ce nom prestigieux, hommes et femmes, vieux et jeunes, sont ;
‘ l'ii Masque à qui nous avons soumis cet article, juge que ce paragraphe sur le Hassa-Joan général !* 6