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Province. Tome second.
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LE BEAUCERON. 105

Contins, dont Léopold Robert nous a fait un si charmant tableau et qui inspirèrentautrefois Virgileont en réalité les mœurs séduisantes et les formes gracieuses qu’on* eu r attribue; nous ne savons s’ils prennent des poses académiques comme on veutbien leur en donner: mais quand on voit, aux portes de la Rome moderne, les oûlronsf i <; la Beauce, avec leurs grands chapeaux de paille brute, leurs sabots rouges garnisfoin, et leurs vêtements aussi grossiers , aussi lourds qu’eux; quand on les voitSl "tout à l’œuvre, ces hommes qui, pour si peu de lucre, vont arroser la terre de tantsueurs, sans doute on ne peut trop les estimer et les plaindre; mais on se demandeSl les moissonneurs pimpants qu’on nous montre ne sont pas de pures fantaisies d’ar-üsle, des créations imaginaires, comme les bergers de ce bon M. de Florian.

Les fermiers,en qui pour nous le type beauceron se résume — bien que les meu-"'ers soient aussi très-nombreux dans la Beauce, — ont,il est vrai, des façons moinsa bruptes et des manières plus rondes que les travailleurs qu’ils emploient ; mais ces °ut, après tout, des gens fort positifs et qui, franchement, ne prêtent guère aux

Pastorales.

Leur esprit dominant est l’esprit de routine : ils préfèrent la pratique à la théorieet s e roidissent contre toute espèce d’innovations. Aussi les cdmices agricoles ont-ilsS'and’peine à se naturaliser chez eux, ce qui n’empêche pas cependant que la Beaucelle soit un des pays les mieux cultivés de la France .

Comme citoyen, le fermier remplit ses devoirs en tant qu’ils ne gênent pas lam arche de ses travaux, car il subordonne tout à cet intérêt majeur, moins dans11 "e pensée d’égoïsme que pour l’acquit de sa conscience. Par exemple, durant laboisson et jusqu’à la rentrée totale des grains, on l’appellerait vainement à siégerSUr les bancs du jury : en dépit de l’amende, il n’y paraîtrait pas. Aussi les assises

du département font-elles officieusement vacances tant que dure la récolte desLiés.

Un jury composé de paysans beaucerons use toujours largement des circonstancesritl énuantes ; il n’est qu’un crime pour lequel jamais on ne le voit en admettre : rnal-beur aux incendiaires! ils trouvent dans le cultivateur un juge impitoyable et quiSe bâte de les punir aujourd’hui, pour ne pas être leur victime demain. Les incen-‘L'-'s ne sont, en effet, que trop fréquents dans la Beauce : c’est la vengeance du pays.

lieu de s’attaquer à la vie de son ennemi, on s’en prend à ses granges ; on ne le tuel )as , on le ruine.

Un riche laboureur est nécessairement le maire de son endroit et le chef d’unecompagnie de garde nationale qu’il n’a pas souvent l’occasion de commander. A dé-fai >l de dignité, il montre au moins dans ses fonctions municipales du bon sens et(lt ‘la bonne volonté. Nous nous souvenons d’avoir assisté à un conseil de discipline,Lun de ces fermiers remplissait les fonctions de capitaine-rapporleur. A coup sûr,* éloquence du brave homme aurait bien pu désopiler la rate d’un auditeur lettré;ll1a 's toutes ses observations étaient pleines d’à-propos, tous ses arguments sansré Plique, et nous ne sachions pas qu’on parle avec plus de justesse <à la tribune du|); dais-Bourbon. — Le greffier de la mairie est presque toujours le maître d’école duV|| Lage, espèce de factotum ou de Michel Morin qu’il n’est, pas rare de voir en même

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p. il.