Band 
Province. Tome second.
Seite
137
JPEG-Download
 

LE NORMAND.

157

^ 0|, mands font ordinairement des festins, et y invitons tous leurs parents et amis,0, 'l grande chère. »

Les Normands d’aujourd’hui ne sont pas moins que leurs aïeux portés aux vo-

Ptes matérielles, et notamment a la boisson. Il est à remarquer que les ivrogness °"t plus nombreux dans les contrées auxquelles la nature a refusé le raisin queans pays vignobles. En Normandie , les moindres bourgs comptent plusieursCafés , e| l’on ne fait pas une lieue sur une roule quelconque sans apercevoir unen, ?ison dont la façade porte en grosses lettres :

DÉPOTEYER DE CIDRE.

CIDRE, BOISSON, POIRAY A DÉPOTEYER 1 .

Les paysans normands sont toujours prêts à répéter ce refrain de leur compatrioteOlivier Basselin, le Français né malin, qui créa le Vaudeville .-

Ce bon cibrc n’e’f arguons mie ;bitrons nos tonneau*, js nous prie.

'I s’absorbe dans les marchés une quantité considérable de liquides, et les rérni-n| scences du cabaret occupent une case si importante dans la mémoire des ouvrierset des laboureurs, qu’elles servent comme de fil conducteur pour les aider a retrou-Vfir la trace des faits confus et effacés. « Quemeni, Mérovée , t’as oublié cha ? Ch’é-llont clic mauture 2 ed’PInlogène, qu’équionl aveuc nous. J’avons pris trois glorias

te pousse café d’fil-en-quatrc 3 . Louis est venu s’assiètre * ichilte sur le coup,-‘Ouïs Frémin, tu sais ben Louis Frémin, chli-là qu’étrivagne 5 toujours aux do-minos?

~~L’esl-y Frémin l'charron'!

~~ L’cherron tout conl’ Darnélal. Il avonl payai la consolation, larinchctte et lalnc heletie; pis est venu le fils à père Loubry, qu’sa femme aile équiont ma propreSqs,,, 7 et U a demandai cor une tournée, et finalement quch’est m’ay qu’avonsP n yé le coup d’picd au ... » Le peuple normand est parfois très-inconvenant dans ses

fix Pressions.

L est au cabaret que les campagnards vident à la fois les affaires et les pots. Ils s’y°nnent rendez-vous le dimanche, après la messe, pour causer du prix des denrées,ûns quelques villages du Vexin normand, le pâtissier qui a confectionné le paine nit met aux enchères, dans le cimetière, h la porte de l’église, une énormer, °che, que les plus offrants et derniers enchérisseurs emportent triomphalement9,1 dépoleyer voisin.

Souventles cultivateurs normands boivent moins par goût que par spéculation.s demeurent patiemment attablés des heures entières, entassant sur la table de

' '’cjio tn/er, veuille par pots, au détail. — 2 Mauvais sujet, mot cauchois. —’Un gloria esl le çon-«I une demi-tasse remplie de trois quarts de café et d*un quart d eau-de-vie. Le fil-en-quatre esl 1 eau-e_v * e de première qualité. — * S'asseoir, mot cauchois. — 5 Qui iviche, mot cauchois.

P. II.

\ 8