LE NORMAND. ’ |{5
Non-seulement il est religieux, ce qui est un bien, mais encore il est supersli-Ux j ce qui est un mal. 11 confond le sacré et le profane, et observe encore des ritesde" 1 11 * 0r ' ! ’' nc cst manifestement druidique. Ainsi la veille des Rois, les habitantscampagnes du Bcssin allument des torches de paille ou de liges de molène,'aluites goudron, et parcourent les vergers en brûlant la mousse des pommiers
e » chantant .
(bouline vaut lolol ,
Pipe au pommier,Guerbe au boissey 1 ,Man père bel bien.
Ma mère oco mieux,Man père à guichonnèeMa mère à caudronnée,Et met a terrinéc.
Adieu Noé 3 .
Il est passé.
Couline vaut lolol ;Guerbe au boissey,
Pipe au pommier,lieurre et lait,
Eoui à planté *.
Taupes et mulots,
Sors de men clos,
Ou je le casse les os.
Barbassioné 5 ,
Si lu viens dans men enclos,Je te brûle la barbe jusqu'aux os
Adieu Noé,
Il est passé.
Noé s’en va,
Il reviendra.
Pipe an pommier,Guerbe au boissey.Beurre et lait,Tout à planté.
Quand
s emble
on a suffisamment couru, chanté, et détruit les fucus parasites, on ras
9«e/é,
c onti
les restes des coulines pour en former un feu de joie appelé fouée ou bour-
ee ’ qu’on entoure en marmottant des patenôtres, et en répétant des menacesre les quadrupèdes dévastateurs, et des appels à l’abondance :
I aupes et mulotsSors de men clos,
11 je te brûle la barbe et les os.Eonjour les rois,
Jusqu'à douze moisDouze mois passés,
Dois, revenez!
Charge, pommier ,Charge, poirier,
A chaque petite branchette,Tout plein ma grande pochette.Taupes-et mulots,
Sors de men clos,
Ou je le brûle la barbe et les os
i", u 'i e e V" ,ches 'Mes coulines valcnl du lait, la: pommier produira des pipes de cidre, les gerlies rempli-vj| S “’isseau. — = contenu d'un vase de (erre appelé gnielion. — 5 Noël . — > En abondance — * Man -™nie.
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