Band 
Province. Tome second.
Seite
171
JPEG-Download
 

Ll£ NORMAND.

171

KOI) UN.

E |le phrase qui, sans avoir reçu la consécration du lenqi*, a déjà la valeur d’unProverbe, caraclérise admirablement les deux grandes cités riveraines de la Seine :" Paris, Rouen et le Havre , disait l’Umpereur, ne sont qu’une seule ville, dont la

ei| H' est la grande rue. » C’est aujourd’hui plus que jamais d’une vérité axio-l, )atiq Ue _

de

En voyant à Rouen tant d’hommes et de voitures se coudoyer dans les rues, tantIB commissionnaires au coin des bornes, de liacres sur les places, d’industries ori-jdOaires des Boulevards, le Parisien pourrait se croire dans sa capitale chérie, si, °deur du goudron, la fumée des bateaux à vapeur de Rouen à Paris , au Havre,11 *a Bouille, à Elbeuf , les mâts des goélettes qui hérissent le fleuve, les ballots en-tass cs sur le port, n’annonçaient une cité quasi-maritime.

*1 Y a à Rouen deux villes, l’une pittoresque et curieuse, mais noire, tortueuseCt sa le; l’autre moderne, commune, mais propre et habitable. Les quais, blancs etl’olis, recouvrent comme un épiderme un labyrinthe d’artères entrelacées, de veinesS||| Oeuses où le sang et la vie circulent obscurément.

Eouen, en relation directe et constante avec Paris , a toujours été la sentinellelancée de la civilisation normande. An onzième siècle comme aujourd’hui, cetteea Pitale était le réservoir où les progrès venaient s’accumuler pour se répartir ensuiteS .'î r , t0tlle la surface du sol normand. Les hommes du Nord, établis à Rouen , avaient®ja oublié le danois, lorsqu’on le parlait encore à Bayeux . Guillaume Longue-Épée,sil 'ant que son fils apprît la langue de ses aïeux, ne trouva personne à Rouen l )Q Ur l a i H i enseigner,, et fut obligé de le confier à Bolon, comte du Bessin .

Se il florin le fa; garber,

®V narir gairrq longeaient,ne sara parler, ncicitt®aneis ; liar nul nel i parole.Si noil kil seit ft trie escoleas Banrissace parler.

5e ne senent ncicnt.fer; roman;,file; il flajue; en a tan;,fit ne seocnt parler se Baneis non(fit pur ço sire queus floton,

Bail kc nos l’aie;ensemble oil nos,<£t be li enseigner eurios *.

Commerçant au premier chef, le Rouenuais ne connaît que deux distractions, lesa 'inos et le théâtre. Célibataire ou marié, il passe la moitié de sa vie au café ouln s f lec 'lacle. De dix heures à minuit, le cliquetis des dés résonne à Rouen sur le'Ere des tables, et l’on entend pour toute conversation :

Chn

'Clique de llenoit de Sainte-Mnre.

4