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Province. Tome second.
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LE NORMAN».

LE HAVRE, CAEN , FALAISE, B À Y E U X, COUTANCES,- ALENÇONi

DIEPPE, LES POLETAIS.

Le Havre 11 ’a pas autant d’idiosyncrasie que Rouen . C’est une colonie de Parisi eI1 j’’d’Anglais, d’Américains, de Norvégiens, de Russes, de Hollandais, de Portugais ) 1Colombiens, de créoles, de nababs, de gens de toutes nations et de toutes coulc ,irSOu y apporte des produits de toutes les parties du globe, du coton de la Louisi® 0 ^du riz de New-York, de l’indigo du Bengale, des laines de Portugal , des suifs ‘ .

Russie, des blés de Hollande, des vins de Bordeaux , de l’ivoire, de l'eau-de-' 11 ’'

srafl'.

du café, du bois, des perroquets, etc. Le commerce y prend des proportions

dioses ; on y calcule par millions, en négligeant les centaines de francs,

coin' 111 ’

ailleurs les centimes; on y parle d’un voyage aux Grandes-Indes comme a

pa» s

d’une promenade a Saint-Cloud . « Tiens, vous voila ! je vous croyais à Buénos-Ay ieS '— D’où venez-vous donc?— J’arrive de Calcutta . » Il semble que les colons du H a,r 'aillent d’un bout du monde a l’autre en trois pas, comme les dieux d’Homère .

Caen est une ville de savants, d’archéologues, d’historiographes; qui se gl (,rld’avoir inventé la société des antiquaires de Normandie , et les congrès scientifi ( l u> 'On ne déterre pas aux environs un vieux sou qui ne soit décrit, à titre de méda>') e ’avec dissertation sur le module, la légende et le flan. La jeunesse de Caen vlftaux belles manières, au purisme de l’élocution, a l’atticisme girondin , a l’adr essCdans l’art de l’escrime. Sous l’empire, elle tâtait tous les régiments nouveaux, elleur tuant une demi-douzaine d’officiers. Cette effervescence homicide s’est caim eP 'mais le Caennais est resté de première force dans le maniement de l’épée et du bâ 101 ’

Falaise dispute a Bayeux l’honneur de produire les plus intrépides chicanier 5 ^la Normandie . La foire qui se lient au mois d’août dans un faubourg de GuibraV-dont l’origine remonte à l’année 1201, a longtemps attiré un concours de négoci* 1 ' 1de toutes les contrées. Mais que sont les foires aujourd’hui? celles de Caen , deB° uel1 ’deBernay, du Neufbourg, de Guibray, n’ont rien qui les distingue de toute autresemblée urbaine, diaprée de saltimbanques, plantée de baraques, encombré® 1 ,chevaux, de bœufs, de chiens, de marchands et d’acheteurs, si ce n’est la mnllip' |Cet la variété des produits.

Une perquisition exacte amènerait a Bayeux la découverte de gens qui font ei>c°^métier de témoigner, et l’on y verrait des paysans, après le gain inespéré l * 1 ^procès, se promener dans les rues, une branche de laurier a la main. Les trionip* iejudiciaires sont les plus doux qui puissent chatouiller l’amour-propre d’un f’ 3 'Normand .

Les paysannes des environs de Bayeux sont d'habiles écuyères, chevauchant 1*la pluie ou le soleil, avec un zèle infatigable. Pour concilier les soins du nu' l|lt ^avec les occupations «lu dehors, elles chargent leur famille dans des paniei' 5 '