LE NORMAND. 181
‘•“and ils ruinassent la tangue* sur les grèves, quand ils recueillent le vauboire 1ei, tre les roches? Ne bravent-ils pas les plus terribles dangers de l'Océan pour sauver,les naufragés, pour recueillir l’équipage d’un trois-mâts échoué et battu par leslames, pour assurer les enclos d’une haie que menace la marée? Leur courage leurv aut fréquemment des médailles et des gratifications, mais l’estime dont ils jouis-i ’ e nt est leur plus douce récompense.
j’associai ion, invoquée par la science moderne comme le moyen de salut desbasses ouvrières, est réalisée depuis des siècles sur les côtes du Calvados et dans^’ s ports du Bessin . Il y a dans chaque village plusieurs sociétés de pêcheurs, for-u >ées par conventions verbales, mais plus indissolubles que bien des compagnies"'stituées par acte notarié. Toutes ces sociétés sont représentées par le même éco-ret tf 3 , syndic chargé d’administrer les revenus, de diriger les entreprises, de perce-v °' r les sommes dues, de répartir les salaires. Il est présent quand les bateaux■U rivent de la pêche, surveille les ventes et répond du paiement des billets ques *fiuent les marayeurs. Il n’est indemnisé de sa gestion qu’eu rendant ses comptes,au moyen d’une retenue d’un pour T 0l> ; il ne lui est alloué qu’un demi pour 100s * la vente du poisson se fait dans un port lointain, et par conséquent au comptant.
Chaque association possède deux ou trois bateaux, dont l’équipage est, termem °yen, de dix sociétaires. Ceux que leurs affaires retiennent à terre partagent avecCe Ux qui s’embarquent. Tout associé doit apporter six, sept, huit, neuf, dix ou^°uze appeler ; celui qui n’en apporte pas le nombre déterminé perd autant deParts qu’il lui manque de filets. Le fils d’un associé a le droit de mettre sur unbateau une quantité d’engins de pêche proportionnée â ses forces. Les veuves res-tei 't associées, à la condition de fournir des filets et pourvoir a leurs frais au rem-placement du défunt. Les pêcheurs pauvres ont la faculté d’emprunter des filets.
hes parts de pêche sont en raison de l’âge, de l’adresse et du nombre d’appelels'I e chaque matelot. Un septième des bénéfices est prélevé pour l’entretien ou le'emplacement des bateaux. Les sinistres survenus aux appelets sont supportés par'a communauté et remboursés sur les gains de la pêche, suivant un taril.
Catholiques zélés, les pêcheurs font bénir et baptiser leurs barques par le cuiéaccompagné du sacristain. Aucun équipage ne part pour la pêche sans entendreU|) e messe, a la fin de laquelle les matelots et leurs parents répètent en chœur un^antique composé par quelque pauvre barde villageois. Voici celui qu’on chante àl-ifetat :
Le matin, quand je m’éveille,Je vois mon Jésus venir ;
Il est beau à merveille ;
L’est lui qui me réveille,
' hlmoi, lie la mer, qui sert d'engrais .— 2 Fucus, appelé en il'aulrcs pays ortie et tarte.— » o'œquor. la