L’AUVERGNAT. 489
Presque contre son gré que sa femme va étaler sur le Coup-d’Air (la place com-mue) ses beaux mouchadous de soie, son corsage de velours semé de paillettesar gent, et les broderies de sa coiffe.
a contesté le courage au montagnard bas auvergnat , mais on s’est trompé ;■I ai môme remarqué souvent chez lui une bravoure froide et résolue. La manière
dont il
ils
mains
vide ses querelles en est une preuve sans réplique. Deux champions se sont-
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ser
P r is de mots dans le cours de la semaine, il est rare qu’ils en viennent auxsur-le-champ, mais ils s’ajourneront au dimanche et arrêteront le lieu du
P clos. Le dimanche, en effet, vous voyez fréquemment deux hommes traver-, CI . en silence et rapidement quelque ruelle isolée, un bras dans leur poitrine etmd baissé. Si vous demandez où ils vont, on vous répondra, sans la moindre émo-11 ' Leussa-lu fouaire, s’en von se piyna ( laissez-Ies faire, ils vont se battre ) ; eteir| Hrquez qu’ils vont se battre sans témoins, per s’en bailla, disent-ils, tout leurl'®rfou(p 0ur s > en (i onner t ou t' a leur aise). Et en effet rien n’est plus acharné que. S ' u des de ces hommes, presque tous d’une force égale a leur stature, luttes tou-JOUrs ensanglantées, quoiqu’ils aient la loyale habitude de se défaire de leurs cou-11 x avant d’en venir aux mains, de jurer, en crachant à terre, qu’ils n’aurontec °urs à aucune ruse, et qu’ils éviteront surtout de se frapper aux jambes.
, 'lui aura donné lieu, sans doute, de suspecter la valeur de notre montagnard,e f t sa profonde et incurable aversion pour l’impôt de la conscription. Rien ne lui^ te en effet pour s’y dérober : refus de répondre a l’appel du tirage, évasion! s 'es bois, mutilations graves, et enfin, comme dernière ressource, la désertion., officiers supérieurs qui ont commandé des corps recrutés en Auvergne ont«le érigé en axiome cette singulière observation, que le paysan auvergnat nelm °nce à s’habituer au drapeau qu’après l’avoir abandonné trois fois. L’un d’eux«ai
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s ser a ses soldats, dont la désertion éclaircissait chaque jour les rangs, une'«nation formidable commençant et finissant par ces mots : « Scélérats dui-de-Dôme, je vous ferai tous fusiller ! «La proclamation eut probablement undj, effet > car nos compatriotes firent dans cette circonstance mémorable des pro-; » e s de bravoure qui leur ont valu du reste la haine héréditaire et encore très -
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tous les cas, cet amour passionné pour le pays qui étouffe jusqu’au cri de
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n «eur est caractéristique chez tout habitant des montagnes, et l’on connaît l’effet>a n% des vaches sur le soldat suisse enrôlé loin de son pays.
Quand le montagnard auvergnat descend en ville pour approvisionner les mar-
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^ . son caractère se modifie spontanément, et se présente à l’observateur sousI as Pect tout nouveau; il devient défiant, intéressé et mercantile. Probe et loyal
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rs fiu’il traite avec son égal, il est fourbe et de mauvaise foi avec le moucheu : le
uefieu est à ses yeux une sorte d’infidèle qu’il peut tromper et rançonner a merci,
|. ( " s 'l«e sa conscience ait a y voir. L’une de ses ruses habituelles pour surprendreUn* 6 '*^' 0 " c ' e 8011 ac l le l eur est une sorte de sourire niais et imbécile, quelquefoisaffectation d’idiotisme qui peut laisser croire qu’il ignore la valeur de ;a mar-