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Province. Tome second.
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L’AUVERGNAT.

En revenant au logis, il fait une ronde autour de sa maison, s’assure que * eSportes sont à l’abri d’un coup de main ; puis, s’arrêtant un instant avant d’entre''chez lui, il s’oriente, étudie quelques minutes le ciel et les vents, observe surtoutavec intérêt certaine montagne où l’expérience lui a appris à découvrir les sig»® sprécurseurs de la pluie ou du beau temps, et résout définitivement, d’après le ré-sultat de ses observations météorologiques, les occupations du jour suivant. Cetteimportante affaire réglée, il rejoint enfin sa femme et ses enfants, récite a liante vol*la prière du soir, asperge ensuite son lit avec un rameau de buis trempé da« sle bénitier, et se décide enfin à goûter un peu de repos.

DISTRACTIONS, JEUX, PLAISIRS, FETES.

Pour mieux étudier notre paysan, je me suis mis en pension chez l’un d’eux.chambre, à laquelle je monte par une échelle, ouvre par une lucarne sur le Coop'd’Air . C’est la que, le dimanche, tout le village transporte en quelque sorte ses p enates. De ce poste d’observation, admirablement situé, comme tu vois, je tiens 11,1bout de ma lorgnette toute la population de l’endroit, et rien ne m’échappe de seSmoindres ébats.

Le dimanche est pour le montagnard un jour de loisir, et de loisir rigoureuseine" 1observé. Tu le verras ordinairement, à l’issue de la messe, s’adosser contre les nm 1 ’ 5de l’église, la face au soleil, les yeux demi clos, la bouche entr’ouverte, et pass efainsi des heures entières dans une béatitude profonde. Si le sommeil le surprend el1cet état, il se laissera glisser sur l’herbe, pour y dormir jusqu’à l’heure du dîne 1.Les jeunes gens, au contraire, dépensent toute cette journée dans une agitation etun mouvement extraordinaires. Leurs plaisirs favoris sont les boules, les quiH eS ’l’escarpolette, la fronde, les luttes, et quelquefois, mais en secret, par suite de ^défense formelle du curé, le jeu de cartes. Le soir, on se réunit en foule dans 1®plus vaste grange du village, et alors commence, au milieu des cris de joie,battements de mains, et à la lueur d’une vaste lampe en fer suspendue àpoutre, la danse nationale des montagnes, si connue sous le nom de bourrée. R' eU

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de plus simple, de plus rudimentaire en chorégraphie que la bourrée. Figuredeux rangées parallèles de danseurs s’ébranlant en même temps, marchant l’une sl’autre avec une vigueur un peu sauvage, puis s’arrêtant tout à coup en frapp alltdes pieds et des mains pour reculer de quelques pas et avancer de nouveau, j llSqu’au moment où les deux lignes s’entre-croisent et changent quelques instantsde place. Dans ce mouvement de va-et-vient qui ne varie jamais, et dont la dure®est égale à la force et au souffle des danseurs, rien de plus plaisant à observer q l,ela gravité de leurs traits, que leur soin scrupuleux à reproduire tous les p aSgestes que recommande la tradition, que leurs efforts pour dissimuler le plus le' 1 ^temps possible la fatigue qui ne tarde pas à les accabler !