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L’AUVKItf.NAT.
qui fut, en 1855, la terreur du commerce parisien , et qui vient encore tout récem-ment de relever la tête. Les leveurs forment dans la grande association auvergnateune affiliation particulière et souterraine qui a sa hiérarchie, ses règlements et soi'mot d’ordre. Ils occupent ordinairement dans la Cité ou le faubourg Sainl-Antoi |,ede petites boutiques de rouennerie et de mercerie. Leurs premières opérali ,,l,savec les magasins en gros où ils renouvellent leur assortiment se font . „au comptant ; ils se constituent ainsi un crédit solide. Plus tard, ils prennent é eSengagements à terme et les remplissent avec une rigoureuse exactitude. lîu^ ,) ’quand ils se croient pleinement en possession de la confiance de leurs princip 311 *fournisseurs, ils jettent ce qu’ils appellent le coup de filet-. C’est une manœuvre 11l’aide de laquelle ils se font livrer par ces négociants des masses de marclm 11 'dises sur simple règlement, pour disparaître quelques jours après et se réfug ieIdans leurs montagnes, où nul ne se chargerait d’instrumenter contre eux. P°" rdissiper les doutes que pourraient faire naître des commandes aussi considérable 5 ;ils joignent à leur crédit personnel le patronage de leurs compatriotes les plus honora-blement connus, qui n’hésitent pas a donner sur eux, et presque toujours avec I*meilleure bonne foi, les renseignemenls les plus favorables. Ils ont soin de choi 5 ' 1d’ailleurs, pour arriver plus facilement a la perpétration de leurs méfaits comniC'ciaux, les époques de crise industrielle, parce qu’alors les marchands pousse* 11témérairement à la vente, et se relâchent facilement des précautions de sûreté quprennent dans les cas ordinaires.
L’émigrant compris dans ma seconde catégorie n’a pas les qualités, mais ne don"®pas non plus dans les énormités du paysan industriel. Constant, laborieux, profitd’une intelligence proportionnée à sa tâche, il avance péniblement, mais sûrenienbau but que s’est proposé sa modeste ambition. Il se marie ordinairement il Paris , cbpréférant l’utile a l’agréable, c’est habituellement à vos cordons bleus qu’il adres 5eses hommages. Marié, il continue son état, et permet a sa femme de tenir 111 Jfonds de fruiterie. Si le fonds prend quelque développement, il vient s’y (ixer, ettravaillera ainsi jusqu’à cinquante-cinq ans environ, epoque a laquelle le besoin"retourner au pays se fera vivement sentir pour lui.
L’émigrant qui.revient a la montagne s’annonce de loin au village par de gran^ 5cris de joie mêlés de quelques couplets d’une chanson entonnée à tue-tête, et P alplusieurs coups d’un vieux pistolet qu’il a acheté exprès pour la circonstanceToutefois, s’il veut être cordialement accueilli, il aura dû rapporter un pécule c apable d’en imposer au préjugé, qui, chez les paysans de la haute Auvergne , ne l el "fait accueillir qu’avec défiance ceux de leurs compatriotes qui reviennent de Pa ||S 'Mais si, en faisant son entrée dans le hameau, il a-soin d’exposer aux regards" 11boursicuut convenablement garni, tous les fronts se dérideront à son aspect; et 's’il est célibataire, les jeunes filles auront, pour lui leur plus engageant sour"®'Une fois installé dans le village, le paysan enrichi fait succéder presque sa |lStransition la mollesse et le far nienlc aux habitudes laborieuses de sa vie pass® e 'Ses journées s’écoulent au cabaret, entre le vin et le jeu, ses deux passions l? v °”rites. Du reste, il n’enrichit le pays d’aucun des procédés nouveaux, d’aucune é®