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Province. Tome second.
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I/Ali VIÏIICNA I'.

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l>e tout ce qui précède, tu as déjà déduit cette conséquence que les arts etlettres sont pour nos citadins un objet de luxe; mais ce luxe est tellement ré-Pt'ouvé, que le titre d’artiste ou d’homme de lettres ne saurait être pris sans de^filables inconvénients. Nous voulons bien cependant donner à nos enlants unee ducation libérale qui puisse leur tenir lieu de patrimoine, envoyer nos fils au col-nous réduire aux dernières privations pour les soutenir quatre ou cinq années11 Paris , sous prétexte d’un cours de droit ou de médecine; mais c'est à la condition

ils seront tous avocats, avoués, notaires ou médecins à clientèle. Mais si, par ha-s ard, |conséquence de celle éducation libérale a été pour eux une oisiveté forcée,l| ne sorte d’inaptitude générale pour toute profession, ou au contraire un goût très-vilPour le vers ou la prose, nous n’avons pas assez de malédictions pour notre indignePostérité, sans réfléchir que nous sommes les seuls auteurs du malheur que nousdéplorons. Les lettres, en Auvergne , ne sont donc cultivées, et in petto encore,( l l *e par quelques magistrats, quelques administrateurs à loisirs, et les rédacteurslle s petites feuilles locales. Et, en vérité, sous quelques rapports, celte indiffé-rence eu matière, littéraire et artistique est fort regrettable, car il n’est peut-êtrePas une province dans le royaume qui puisse fournir des matériaux plus importantsPour une histoire civile, religieuse et politique de la France . L’Auvergne, étudiée enoutre sous le rapport archéologique, amènerait d’admirables découvertes : c’est en"ilet une terre couverte des débris les plus précieux.

Jusqu’à présent, comme tu as pu le remarquer, en te parlant de l’Auvergnat desv >lles, j’ai concentré mon attention sur une classe unique, la classe marchande;c est que cette classe est la plus nombreuse, et qu’elle forme seule la partie activee l vivante de la population des villes. Il faut cependant que je jette un coup d’œils,, r les autres éléments hiérarchiques de cette population, qui se composent, en0,, tre du Commerce, de la Noblesse, de la lîobe, du Fonctionnaire public, de l’Artisanel du Paysan des faubourgs. Ici je n’invente ni n’exagère rien : malgré 1850, cesdémarcations sociales sont encore en Auvergne un fait avéré, incontestable. Ainsi la"«blesse continue à se tenir à une distance considérable des autres classes; elle aSes lieux de réunion particuliers, ses salons, ses cafés, oii elle ne craint pas d écriree " grosses lettres : Café ou Salon de la noblesse. Elle a ses bals, ses réceptions spé-cules, et les lel 1res d’invitation portant en lête : fiai de la noblesse ; la rue qu ellehabite, s’appelle rue (les nobles. Ces distinctions de castes ont même tellement passédans le langage usuel, qu’elles ne choquent réellement que les étrangers. La no-blesse a cet avantage en Auvergne , c’est qu’elle possède des propriétés consi-dérables dont elle paraît préférer le séjour h celui des villes, où, bon gré, malSré, elle serait obligée d’accepter le joug de l égalité pratique. Dans ses domai-nes au moins elle peut encore se faire une ombre d’illusion sur la réalité des on ancien près tige. Généralemen t en F rance les deinicrsiejetonsdela vieille ai is-tocralie monarchique ont pris bravement leur pnrli du triomphe des idées démo-oraliques: quelques uns môme ont eu la patriotique idée de se refaire une seconde( “l véritable noblesse, en se mettant dans leur province à la tête du mouvement in-dustriel. En Auvergne , il n’en est pas ainsi : nos gentilshommes vivent encore re-