LE SOLOGNOT.
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f,) Os dont l’enfance a tant besoin, toutes ces causes de dégénération les prennentpresque au berceau, déjà faillies de naissance, et les détériorent de plus en plus,Jusqu’à ce que mort s’ensuive avant le temps.
Enfant, le Solognot est berger; homme, il est laboureur. Lue fois laboureur, auPrintemps , il sème; l’été, il moissonne; l’automne, il défriche ellume les terres ;
I hiver, il bat en grange : c’est-à-dire qu’il travaille toute l’année, et tout le jour,°i d’un travail éternel et aveugle, comme celui d’un cheval qui tourne les yeuxbandés. Et pour tant de labeur, savez-vous ce qu’il mange? Il faut d’abord savoir ce'in’il gagne. Le fermier d’un domaine vie Sologne rapportant mille francs de fer-n >age au maître par an, peut, quand l’année est bonne, gagner cinquante écus, en-vir on dix sous par jour pour lui : son gain explique sa nourriture. Jamais de viandes "r sa table, jamais de pain blanc,qu’Homère appelle la force des hommes. 11 ne goûteviande qu’exceptionnellement, une ou deux lois dans l’année, a Pâques ou a
; et il ne mange de pain blanc que lorsqu’il va en ville, le dimanche, au cabaret.
a laèfoël
pain blanc ou la miche, comme il le nomme dans son patois,le pain blanc tout sec,«est-à-dire sans pitance , ce qui serait le jeûne d’un riche, est le gala du pauvrefermier. Son pain quotidien est une pâte noire et gluante d’orge et de sarrasin qui•'ent au couteau comme à la gorge, et sa pitance un fromage maigre et écréméilu prolit de la livre de beurre qui revient au maître ; car il faut dire qu’à per-S0| me, la loi inique du sic vos non vobis n’a été plus rigoureusement appliquée'Pi’aupaysan. En effet, il produit le plus et consomme le moins; il donne le blé et11 a le son; il élève les bestiaux, les volailles pour l’ordinaire des autres, et il sec °ntente, pour son meilleur repas, d’une nourriture inouïe, d’un brouet plus ques Partiate, dont le goût, la couleuret l’odeur sont horribles comme le nom. C’est un•"élange de ce pain noir, dont nous avons parlé, avec de l’eau et du miel rance,4UÎ fermente toute la matinée et que l’on sert, dès qu’il tourne un peu à l’aigre :° ela s’appelle delà miaussée; les chiens d’un riche mourraient de faim à côté.*" a miaussée se sert dans d’immenses terrines continuellement assiégées par des^Triades de mouches qu’attire le miel; elle se consomme surtout en été, sousPrétexte que son acidité rafraîchit. Le Solognot mange souvent et longtemps. Vousc °mprenez bien qu’avec un tel aliment, il faut manger beaucoup pour reparer
les
Pertes du travail des champs : aussi, à défaut de la qualité, l’homme en est réduit
,l * a quantité; il se gorge de celte pâtée sans suc, qui le remplit et le charge sans le"ourrir, qui grossit son ventre aux dépens de ses muscles, lui donne cette exagé-' a tioii d’entrailles, que nous avons dénoncée comme un des signes caractéristiques'J 0 type et qui fait surnommer, en Berry, le Solognot, venlrc pelé. Certes,1 Pomme est né carnivore, sa physiologie le prouve assez, quoi qu’en dise saintl ’ ra nçois de Sales et Pythagore avant lui, et, après lui, tous les philosophes qui sontP |us pleins de sollicitude pour les veaux que pour leurs semblables, qui veulent, enlni mot, borner l’appétit humain, les uns aux fruits, les autres aux légumes,f Pemmc doit par sa nature, conséquemment par sa destinée, vivre de substances’Hii ont eu la vie môme animale. En effet, il ne possède pas, comme le bœuf, l’am-Pf‘“ u i' d’inlesljns nécessaire pour engranger plusieurs kilogrammes de fourrage; il