Band 
Province. Tome second.
Seite
234
JPEG-Download
 

254

I, K S 0 L 0 C N 0 T.

posée sur son grave abdomen, le corps enveloppé d’un earrick, et les jambes imn' i<>sde guêtres en guise de bottes ; il faut le voir ainsi, disculersur les qualités de sa vnclnou de son mouton s’il est le vendeur, sur leurs défauts s’il est l’acheteur, avec toute l’" 11 'porlance et la ruse d’un Talleyrand contraetantla quadruplealliance. Le lendemain-il ira le ventre en avant a la société, au club littéraire et politique de l’endroit; et lase félicitera, dans sa redingote et dans ses sabots, d’avoir fait un bon marché la veillac’est-à-dire d’avoir trompé quelqu’un. Chose étrange! il y a des hommes qui sonlfiers d’avoir commis une bassesse ; et si, par envie ou malignité, on lui prouve qua vendu assez peu ou acheté assez cher pour être honnête, qu’il estplus probe, cnlhbqu’il ne pense, voilà la guerre allumée, guerre à vie et au delà, une guerre gibelin®,•héréditaire, qui divise à jamais les familles et trouble la cité, entremêlez cette exiS'tence d’un peu de chasse, de beaucoup de dîners compliqués d’indigestions et defièvres tierces, et vous aurez tout le bourgeois solognot. Pas plus que le bourgeois;l’ouvrier de la Sologne ne doit fixer notre attention : point de villes, point d’ou-vriers proprement dits, si ce n’est quelques pauvres tisserands qui passent leur®jours dans des caves à remuer une navette incessante comme leur misère, enterrestous avant d’être morts. Mais ces figures sont des exceptions en Sologne, et app al 'tiennent spécialement aux pays manufacturiers où se trouvent les grandes villesde fabrique, comme Saint-Étienne, Lyon etRouen. A d’autres lesoin de les dépeindre-Le Solognot, notre tâche à nous, le Solognot véritable est, comme nous l’avons dd>le paysan.

Le Solognot est de taille moyenne; sa poitrine est serrée et son ventre saillanbses muscles sont pauvres et sans énergie, et ses viscères sont d’une ampleur dé-mesurée, il a presque la panse des ruminants ; il se ride de bonne heure, son teint estde safran, son œil incolore, ses jambes grêles et ses bras réduits aboutissent à degros pieds, à de grosses mains. La tête est petite. Il n’a donc ni vigueur physique, 111puissance intellectuelle; en lui, la jeunesse esl sans fleur, la virilité sans force, ' amort sans vieillesse.

Comment le Solognot pourrait-il valoir mieux dans le milieû où il vit, et surfonjde la façon dont il vit? Nous avons déjà dit quelle était sa patrie, une marâtre q 111ne nourrit pas ses enfants. Nous allons dire maintenant quelle est sa vie, si l’°"peut appeler de ce nom l’intervalle qui sépare sa nativité de sa tombe.

Hommes, femmes, enfants, travaillent de dix-huit à vingt heures par jour, s<!levant à deux heures du matin et se couchant à neuf heures du soir, à peu prèsL’homme commence par aller au champ, ou à la grange, suivant la saison ; 1:1femme, en tout temps, entame sa journée par s’occuper du repas des hommes ctd cla nourriture du menu bétail; les enfants mènent paître les troupeaux. Ces ni» 1 'heureux enfants de la campagne travaillent à un âge où ceux de la ville tètent en-core. Armés d’un fouet ou d’un bâton, avec un pauvre chien pour ministre, ils S al 'dent et veillent déjà, lorsqu’ils devraient être veillés et gardés. Le chaud et le froMla pluie et le soleil, sur leurs pelils corps mal vêtus, les grandes courses après l cSouailles qui s’écartent du giron, ou qui pénètrent dans les enclos, les courtes nuü saprès de si longs jours, l’insuffisance du sommeil et de nourrilure, ces deux recon-