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Province. Tome second.
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LE SOLOGNOT.

valides, languir un enfant malade, malsain, qui, s’il ne fait pas mourir les autres,mourra du moins lui-même, et qui pourrait vivre et guérir avec des remèdes et dessoins ? Telle est pourtant la société, se souciant peu d’une province enlière qui sCporte mal, d'une population qui se meurt, au risque même de donner sa mala'ù*’aux plus forts. Quand on regarde ce peuple pâle et mince, ce peuple d’ombres erre'â travers les landes incultes, on croit voir des fantômes ressuscités, revenus à !•'surface des cimetières. Ce sont en effet des restes d’hommes, ce que l’insatiable fie'’ 1 '*’peut en laisser. Ils devraient être les reproches et les remords de la société : ils sont, acoup sûr, des avis et des leçons pour elle. Qu’elle y fasse attention : les pestiférés s evengent du poison qu’on leur a permis de prendre, en le rendant à d’autres. Elserait si facile de couper court au mal! En améliorant le sol, on améliorerait l’honuiir-Vous avez des ingénieurs qui suspendent des ponts sur des fils de fer, qui

des obélisques de granit a bras tendus, qui savent donner aune goutte d’eau le

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de cinquante chevaux, qui changent les montagnes en vallées, et les vallées en niu' 1tagnes, qui solidifient les fleuves et liquéfient le sol, qui creusent des canaux da ,,sdes rochers et font des chemins de fer sur des rivières, qui font enfin des miracles U ,llSles jours, et ils ne pourraient pas dessécher tout bonnement les marais de la SoIog |ie >assainir le pays et le fertiliser! Un peu de bonne volonté donc ! Songez que la Solog ,,eest inhabitable, impossible a l’homme, que les deux tiers de son terrain sont u>'cultes, et que l’autre tiers est mal cultivé faute de bras et faute de têtes ; que vo» 5avez au contraire des provinces qui regorgent de travailleurs adroits, et qui m al1 'quent d’instruments de travail, qui envoient le surplus de leur population, les ' |llSen Amérique, les autres en Afrique , loin, bien loin de la mère-patrie ! Donnez don' 1à ceux qui n’ont pas, et enseignez à ceux qui ne savent pas. Retenez les émigréd’Alsace et de Flandre , et envoyez en Sologne ces pauvres et habiles agriculteurs, e "leur concédant les plaines en friche, en leur faisant les avances nécessaires p 0 "'travailler. Alors ils façonneront les parties sans culture, et apprendront aux indigènea mieux exploiter les parties cultivées. Alors la Sologne ne produira pas que la pes ,e ’alors ces champs où la misère sème la fièvre et recueille la mort porteront des nui-sons et des troupeaux, source de vie pour les enfants de la terre ; et pour peu e "'suite que la main-d’œuvre soit mieux rétribuée, que la loi de l’avenir établisse un<’plus juste répartition des produits du travail, qu’elle diminue la tâche et nugm e ° ,<!le salaire du producteur, qu’elle amende beaucoup cette inique règle du sic vosvobis qui régit les abeilles et les frelons, les ouvriers et les maîtres; alors, le Sologuofcelte ombre de lui-même, cet être dégénéré, cette demi-brute reprendra toute so"humanité. Et ce n’est pas trop, il nous semble, d’exiger qu’il vive sa vie ! il l 30 'qu’il en soit ainsi. Ce qui est juste, est nécessaire. Tous les progrès ne peuvent eU(pie des questions de temps, même pour le Solognot; et celui dont le père fui 11,1serf, et qui est un paysan, doit avoir enfin pour fils un homme.

FÉLIX FYAT.