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Province. Tome second.
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LU SOLOGNOT.

25 !)

~~ Vous êtes venu rendre vos comptes a votre maître. Je sais tout, moi! »

A ces mots, l’étonnement lit place a l’effroi, sur la ligure du Solognot.

* Vous les lui avez rendus vos comptes, ce matin, n’est-ce pas cela?

— AI) ! c’est bien cela, interrompit Rabot en balbutiant. C’est bien cela, c’est aussi' ra < Rue je suis un honnête homme !

Kouik! Kouik !.. » fit Polichinelle.

Le Solognot demeura pâle et muet.

(l Que veut dire ce Kouik, Kouik? demanda l’huissier à Polichinelle.

~~ Cela veut dire que le père Rabot a mal rendu ses comptes ce matin U sonlll aitre,et que le père Rabot est un ....

~~ Chut ! chut! mon petit monsieur, pas devant tout le monde, je vous en prie;l aisez-vous, taisez-vous, je rendrai tout et je ne le ferai plus, s’écria Rabot avec' a plus grande exaltation.

— A la bonne heure ! reprit Polichinelle ; àcette condition je ne dirai rien. Bonsoir,I^re Babot !

"— Bonsoir, mon petit monsieur. »

, Lt le père Babot, au milieu des huées de la foule, s’en retourna vite chez l’Imis-Sle r rectifier les comptes et restituer 'a son maître ce qu’il lui avait volé.

Voilà ce qui est arrivé en France a un homme de cinquante ans, au dix-neuvième^ecle, il y a à peine quinze ans, quand les petites filles même rient des ogres.Oui, quand6 dix-huitième siècle a détruit toutes les croyances et toutes les illusions, quand^ °usseau a sapé les royautés et Voltaire les religions, quand tous les croquemi-'"nes de l’enfance des peuples, les rois et les papes sont renversés dans la foi desmunies, il reste encore Polichinelle debout dans la conscience du Solognot.

Cette débilité morale du paysan de Sologne, égale à sa dégénération physique, aUnième cause, la misère! la misère qui engendre l’ignorance comme la faiblesse,misère, si grande chez lui, qu’elle a servi d’argument en faveur de l’esclavageC0| Ure la liberté, lin résumé, mal vêtu, mal logé, travaillant trop, ne mangeant nille reposant assez, exercé par toutes sortes de privations, il doit être fatalement ce’fim nous l’avons montré, chétif de corps et d’esprit. Aussi, sur cent conscrits de^°logne, à la fleur de l’âge, quatre-vingt-dix, terme moyen, sont déclarés chaqueminée impropres au service. Certes, il est beau d’entretenir des haras royaux à Meudon mai, Pin, de dépenser des sommes énormes en étalons de choix eten fourrage d’élite,'' améliorer, en un mot, la race des bœufs et des ânes; mais ne vaudrait-il pasmieux s’occuper un peu de l’espèce humaine, s’inquiéter de sa détérioration, laPrévenir, l’empêcher par tous les efforts possibles, par tous les moyens que possède11,1 gouvernement riche d’un milliard de revenus? La France tout entière est inté-res sée, non-seulement pour l’honneur desa civilisation, mais encore pourla sécurité<1e ses plus belles provinces, à réprimer le mal qui ravage, corps et biens, la Sologne,Cl > attendant mieux. Car la fièvre qui naît là s’étend et se propage comme une peste,dans la saison d’automne infeste les frontières de la Beauce et du Berry. Et quand| e déau s’en tiendrait à son pays natal, ne faudrait-il pas encore l’étouffer dans sonmrceau? Que penser d’une mère de famille laissant, au milieu de fils robustes et