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LE F 0 lî E SIE N.
malheureux Montbrisonnais étaient précipités un à un du liant de leur tour, et ledrapeau catholique flottait encore sur le clocher de Saint-Bonnet-le-Château.
A l’ouest et au nord du Forez , les mœurs changent d’aspect, et il y a des mœurs,parce qu’il n’v a pas encore de civilisation. On trouve là un homme d’une puretéantique, une physionomie digne du vieux Caton. Le paysan forésien vit dans l eSlieux habités par d’Urfé et qu’il choisit lui-même pour servir de cadre à son ronia»bocager. Le paysan, riche de tous les besoins qu’il n’a pas, heureux de tous les ph»'sirs qu’il ignore, reste, dans son domaine, étranger aux luttes imposées à l’ouvrierpour la conquête du salaire, au maître pour la nécessité de s’enrichir. Il n’a <l" edes notions vagues de la vie civilisée qui expire au seuil de sa demeure. Cette mais 011n’est pas une chaumière, mais elle en approche : des fenêtres à ogives indiquer^qu’elle a pu être un château dans le temps où tous les domaines en étaient; »‘Jportail cintré, des voûtes en pierre dans les écuries, un plafond en chêne scul| )ledans la principale pièce, qui est une cuisine, telle est son habitation. A quelq» eSlieues d’une ville industrielle comme le faubourg Saint-Antoine et marchand 0comme la rue Saint-Denis, ce paysan est encore un homme. Il faut le prendre d’»»âge mûr, et voir en lui un des représentants delà propriété foncière, deux fois pb |Srespectable et plus productive entre les mains de son possesseur. Celui-ci estsobnbdur au travail, et intraitable sur l’économie domestique. Il nourrit ses valets coin® 0lui-même, et il est impossible de les traiter plus sobrement. Un habit de caiiï alarges basques pour les jours, de drap de Monlmbau pour les dimanches, un cha-peau rond modernisé, avec une chemise de toile blanchie par l’usage, une crava»’de mousseline, des bas de coton, des souliers lacés, un pantalon flottant, complète» 1son costume. Sa physionomie, reproduite avec une admirable exactitude par l>a«'zats, peintre distingué autant que dessinateur habile, ressort principalement parl 0Scontrastes de l’ouvrier stéphanois, du chef d’industrie, qui constituent trois tyP eSdivers. Le prêtre qui domine ces trois individualités forme avec elles l’ensemble destypes forésiens.
La femme du cultivateur a une coiffure brodée au tamis, ornée d’une profits»» 1de dentelles, et que l’on relève en bandeau orné d’une épingle d’or. Le tulle, |abroderie, la dentelle, fabriqués l’un au métier, les autres au tamis et au carrea»>ornent à la fois un bonnet rond qui peut être d’un grand prix. File encadre »"grand type de physionomie ; les cheveux de la paysanne, formant chignon, donne» 1 )par leur beauté, toute sa richesse à ce genre de coiffure, et s’arrondissent autour d»cou avec un arl naturel, sous un volume régulièrement gracieux. Cette femme »’ aqu’une époque de luxe, d’élégance, de richesse et de plaisir, celle de son mariait 0 'Elle achète alors des parures pour toute sa vie. Le dimanche où elle assiste à l amesse après son mariage est aussi solennel, aussi paré que le jour de ses noces-Dans la classe pauvre, la femme se marie pour avoir une robe de drap, et la »» cCse fait dans un cabaret de village. Quelques pistolets rouilles par des explosi»» sréitérées en complètent la célébration. On s’eidève solennellement un poignet »'Jdeux, et la mariée a été fêtée avec d’autant plus de pompe qu’on s’est plus eslrop 10en son honneur.