LE FORESIEN.
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Il résulte de là une vérité : que h rusticité elle-même a besoin de richesse etsurtout d’éducation. L’existence du Eorésien campagnard, que des traditions defamille ont initié aux notions d’une politesse simple et aisée, n’envie rien de ce^oi l’entoure, et jouit ordinairement de ce qn’il possède. Il nourrit l’ouvrier deSaint-Étienne , celui de Saint-Cliamond et de liive-de-Gier ; il nourrit sa famillePar-dessus le marché du produit de son bien. Son atelier, c’est sa charrue ; sa mine,fa surface du sol et le soleil qui la féconde; ses capitaux, ce sont ses bras et ceux'•u valet de ferme. Il récolte des noix, des châtaignes, du vin, du froment; pluschrétien que le paysan de Virgile , il fait le signe de la croix en montant sur undorme chêne qu’il dépouille de son gland avec une gaule.
A Saint-Étienne , on ne porte ni chapeaux ni rubans, et le fabricant, l’ouvrier lesabandonnent aux riches citadins; le paysan du Forez cède ses plus belles récoltes à• ouvrier, au fabricant de Saint-Étienne , et vit lui-même de pain noir et de laitcaillé : nous citons cet exemple pour montrer jusqu'à quel point la production estPartout séparée du producteur. Le paysan forésien est désintéressé quand on touchea ses affections. On proposa à un de ces paysans la coupe de deux fayards ( fagus*:ylvuiica , ce qu’on nous faisait traduire hêtre) qui ombrageaient le seuil de sademeure. Un entrepreneur d’usines de Saint-Etienne y mettait un prix énorme;c ’élaienl les deux seuls plants qui pussent lui servir : « Mon père s’est abrité sousces arbres, dit le paysan, ils sont de la maison, ils ornent ma demeure, je dois•es transmettre à mes enfants, ils leur appartiennent; ils resteront là jusqu’à ma
non. »
Nous avons vu le Forésien industriel et commerçant, ouvrier et agriculteur ; nousavons cru saisir les traits de sa physionomie réunis ou isolés, selon qu’on veut lesV|) ir dans un seul homme ou dans quatre habitants de la même contrée, séparés de.moeurs, de coutumes, d’éducation, d’intérêt; une même croyance réunit ces naturessi diverses autour d’une pensée commune et formule l’expression générale du Fo-r csien. Le Forésien a une religion. Il est chrétien, catholique romain. Lyon futen France le berceau d’un culte qui s’est étendu dans le Forez pour s’y maintenir•t jamais. Un pays de forme sévère, de mœurs rudes, de servitude constante, decroyance naïve et de passive obéissance, était une contrée toute préparée pour la reli-gion chrétienne . Les anciens historiens géographes placent dans la Ségusie le centred’un territoire qui comprenait Lyon dans son enceinte. Après l’intronisation duPrimat des Gaules à Lyon , celte ville dut l’emporter, être centre à son loin-. Elleétait née pour jouer un rôle plus important dans l’histoire des villes de France etPour y occuper le second rang.
Ce fut vers l’an 406 que le christianisme commença à être prêché dans le Forez et à donner à ses villes des noms de saints ou de martyrs. On vit successivement•es principaux points de ce pays se transformer en églises et en abbayes, et nullePartie clergé catholique romain n’a eu plus d’influence et ne s’est mieux maintenu'lue dans le diocèse de Lyon , dont le Forez fait partie. Des cloîtres se formèrentsous l’inspiration du primat des Gaules, et n’ont pas cessé de donner à la contréeOne physionomie toute chrétienne. Aujourd’hui, le prêtre émancipe le prêtre, c’est