Li; VENDEEN.
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Corinne compose un des laits considérables de la statistique du département.—Aprescela, n’allez pas vous imaginerque l’illustration, la richesse soit ici plus qu’ailleurs larègle. Le vivre honnêtement sans travailler et l’aisance honorable tiennent lieu, abeaucoup de nobles, d’anciens titres et de grand patrimoine.
Le noble aime les chevaux, les chiens, la grande chasse. — Quelle est donc cettecavalerie élégante et robuste, si nombreuse et si bien montée, qui saute les fossés,franchit les haies, traverse les taillis, les bois, ce qui reste des anciennes futaies,les étangs, et se retrouvera, le soir du même jour, a vingt lieues de la, joyeuse,bruyante et prête a recommencer le lendemain? c’est la noblesse de l’Anjou , duPoitou, de la Bretagne , qui poursuit le sanglier, force le cerf, tue un loup. — Quoi,des piqueurs? des meutes?—Tout cela vous étonne?—C’est que les rois, les princesn’en ont plus. —Vous vous trompez, il n’y a plus de princes; mais, en Vendée , lesgentilshommes n’ont pas tous abdiqué les plaisirs, les occupations aristocratiques.Il faut de la force, du courage, de l’audace, pour chasser comme ils le foui. Ne re-connaissez-vous pas la les vertus primitives des ducs, des comtes, des barons du vraitemps? Naturellement on aime a constater qu’on a dégénéré le moins possible ; onrêve volontiers, avec les vertus qui vous restent, les prérogatives qu’on a perdues.Quand on a tué de sa propre main un sanglier, bu soi-même sans fierté, dans uneauberge, beaucoup de vin du cru, et qu’on a, dans sa vie, beaucoup aimé, enfin lors-qu’on peut se rendre ce témoignage :
De boire et de battre,
Et d’être vert galant,
comme Henri IV , il n’est pas déjà si extravagant d’espérer qu’on vivra un peu sousHenri V.
On peut d’ailleurs professer cette espérance, sans se donner tant de peine. —Les femmes ont sur le point dont il s’agit une opiniâtreté de conviction à laquelle seretrempe la foi politique de plus d’un père, de plus d’un mari. Ce que femme veut,Dieu le veut, prétend le proverbe; je ne sais, mais elles doutent bien peu de cequ’elles désirent : cela est incontestable. — 11 faut donc les entendre, ces pures châ-telaines, et quelquefois ces excellentes ménagères! avec quelle audace et quellegénérosité elles font a leur bon vieux curé les honneurs du futur régime... —aimez-vous mieux de l’ancien régime? — Comme elles le rendraient séditieux,le brave homme, si, tout en écoutant madame la marquise et madame la comtesse,il pouvait s’empêcher de penser à la partie de tric-trac ou de piquet qu’il est venufaire!—Vous comprenez, on a des principes, mais on a de l’amour-propre en mêmetemps, et c’est d’une revanche qu’il s’agit pour ce vénérable partenaire.
Les châteaux vendéens se peuplent (quel mot!), tous les étés, aux dépens des villesde Poitiers, d’Angers, de Nantes , etc., etc. ; villes libérales pour la plupart, et quis'abîment chaque jour un peu plus dans la perdition moderne. Où allons-nous?
Quelques nobles s’en vont dans leurs terres; mais le Vendéen pur sang restependant l’année enlière au milieu do ses métayers. Les pauvres le savent bien.