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dans son droit; il faut bien durer; et ils travaillent tous dans l'intérêt commun,JUsqu’a ce qu’un mariage avantageux, un hasard les éloigne de cette ferme où ilslaisseront du moins un représentant de la famille. Le droit d’aînesse a ici un air dePiturel, de justice, de fécondité inconcevables. Pour un peu plus, on oublierait qu’enPrincipe il estabsurde et odieux. Maison réfléchit toujours, en passant, sur le dangerdos maximes générales, absolues, appliquées brutalement a tout un peuple.
Le fermier économise sur le gouvernement, quel qu’il soit, le prix des ports( 1 arme. Il se passe également de permis de chasse. Sur ces points-la, il ne se corri-gerait pas, même pour faire plaisir a Henri IV , si peu tendre aux braconniers. Dcs-ar mez le Vendéen tant qu’il vous plaira; fouillez son grenier, son étable ; quand lasaison des chasses sera revenue, il aura retrouvé un bon fusil à deux coups et àPiston, avec lequel il tuera, a lui tout seul, plus de gibier que tous les chasseursParisiens réunis dans les plaines de la banlieue. Malheur aux lièvres et aux perdrixrouges du pays, réputées les meilleures de France !
On connaît déjà l'amour inné du Vendéen pour le sol natal. A ses yeux, dans son(: œur, la famille avant l’état, la ferme avant la patrie. On compte les exemples de filsrie fermiers partis pour l’année depuis 181-1. Le royalisme ne les a jamais menésJusque-là. —Napoléon, qui était homme à se faire rembourser les frais et inté-rêts des éloges qu’il donnait au courage, après avoir appelé la lutte vendéenne unelutte de géants, persistait si bien à considérer les Vendéens comme ses meilleurss oldals, une fois leur clocher perdu de vue, qu’il fit fusiller, aux portes de Bcaupréau,ou sein même de la Vendée , neuf malheureux déserteurs de dix-neuf ans. Il fallaitUn exemple !... La politique a beaucoup multiplié ces mots formidables qui empor-lonl de terribles nécessités.
Lorsque l’époque de la conscription approche, le Vendéen met à la bourse ; tousles conscrits du pays se cotisent, forment un fonds proportionnel au nombre deshommes exigés par le recrutement. Quand le fonds est fait, et les numéros malheu-•eux connus, on partage l’argent entre les conscrits tombés au sort; et, avec cetP'gent-l’a, ils se rachètent.
Libre enfin, maître de son avenir, le Vendéen se marie. Le petit vin coule à flotsI e jour de ses noces ; car, dans tous les pays du monde, « il ne faut aux gens qu’unePetite raison d’être contents pour les obliger à bien boire. » L’on boit donc un peu;iv antla messe, beaucoup après la messe... et les jours suivants. Que voulez-vous?les braves gens ne mangent de la viande que dans ces rares occasions-là ; il faut sti-puler chaudement son estomac pour cette rude mastication accidentelle : un peu'l’aide fait si grand bien !
— Mais quels cris aigus retentissent? ô mon Dieu ! est-ce qu’on va se battre, est-Ce qu’on se bat; voilà des coups de pistolet ? N’ayez pas peur, les paysans s’amusent :''oui lion! hou ! c’est, à la vérité, le cri de joie et le cri du combat: mais, en cePoment, les pistolets ne sont chargés qu’à poudre, et l’on lire sous la table. — C’estl’usage.
Pourtant, voici que toutes les jeunes filles quittent la table et se rassemblent au-Iptr de la mariée. Nous sommes au dessert ; tout à coup le bruit s’apaise ; une voix