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Province. Tome second.
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LE PICARD.

(l’une boisson nourrissante, et celui des Anglais , qui s’ingurgitent les drogues lesplus horrifiques, est brutal, épais et sauvage.

Il va, sans qu’on le dise, que ces règles sont confirmées par des exceptions nom-breuses : Shakspere, Corneille, et vous-même, sans doute, cher lecteur, ne prouvezque trop le néant des règles sans exception. De tous les peuples, il n’en est qu’unqui se puisse applaudir de sa pénurie en fait de vignobles, et c’est l’Allemagne ; carses enfants seraient fous, si le vin leur fournissait ce qui leur manque pour le de-venir. Le Picard échappe à ces influences ; son esprit surnage et ne se noie pas. Etcependant le Picard foule un sol frais et potager; il a de l’herbe jusqu’aux genoux,quand il marche dans ses prairies; ses pieds sont refroidis et enracinés dans unlimon marécageux, et sur sa tête un ciel gris roule des nuages écumés par le ventdes mers du nord. Le Picard est grand par lui seul et sans l’assistance de Bacchus nidu dieu qui guide les coursiers du soleil. Le Picard est spirituel et il a froid; ilaspire la brume et il n’est pas couronné de pampres... O peuples, saluez !

Cette netteté qu’il a dans la pensée, cette facilité qu’il possède dans l’élocution,se manifestent sur son visage. En général, les Picards sont maigres, leurs traits sontfermes, leurs lèvres minces, leur nez droit et pincé, et leurs yeux vifs. Nous voicibien loin de leurs voisins des Flandres. La Picarde est grassouillette, blanche ; sesyeux sont doux et piquants, son nez railleur; ses lèvres un peu épaisses s’ouvrentvolontiers à la gaieté et s’entr’ouvrent au plaisir ; c’est le type de la femme françaisedans toute son adorable vérité.