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Province. Tome second.
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LE l’IC A HD.

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les cultures prosaïquement utiles qui se développent honnêtement sur ces plainesbourgeoises aspirent au gris comme le sol qui les alimente. Aux environs de l’Aire etdo la liante Somme , ce sont des cours d’eau jaune, passée en revue par des saules-nains, alignés sur des rives d’un nankin assez réjouissant. Ces localités sont sablon-neuses. Partout, dans ce pays, les arbres sont ronds : près des rivières, des saulesd’un vert-moisi, dans les champs, des pommiers, et toujours des pommiers. Ça etlà, des massifs plus élevés; puis un clocher qui trésit derrière une ligne dure,égayée de ' es moulins à vent. Jamais de collines, mais des mouvements deterrains le long desquels serpentent des sentiers pierreux, tachés de quelques ânesqui cheminent avec lenteur. Le site que vous avez vu hier, vous le retrouverezdemain, et le spectacle ne change pas. C’est toujours un premier plan d’herbesdrues, picotant un fond gris d’iris, et, sous les nuages plombés du ciel, des lointainsqui varient des nuances vives de la laque à celles du cobalt et de l’indigo. Les mai-sonnettes sont blanches comme des dents de loups, et voilées d’un peu de verdure.Ces tableaux ne sont variés que par l’éclat criard de quelques carrières fraîchemententamées, et par les noires ordures qu’on exhume des tourbières.

Au delà d’Amiens , les champs deviennent plus plantureux, les herbes épais-sissent, les Heurs se multiplient, et on trouve nombre de hameaux situés dans unepositionriante (stylo de notaire qui annonce une maison à vendre).

Ces agréments locaux se prolongent jusqu’au Marqueuterre, oit ces terrains fer-tiles deviennent coquets et s’atournent d’une façon vraiment gracieuse. Situé entrel’embouchure de la Somme et celle de l’Authie, le Marqueuterre est un sol bas,abandonné par les eaux de l’Océan qui jadis y croupissaient. La fécondité de cesanciens marais salants est prodigieuse ; les arbres y viennent grands et fournis, les