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clous cl voire bâton de voyageur, et fail le lour de la Côle-d’Or, de Saône-et-Loire el de l'Yonne , en eflleurant deux départements limitrophes, vous êtes lout fier,et croyez la tenir sous votre regard, la posséder tout entière... Vous avez raisondans un sens : c’est la Bourgogne d’aujourd’hui, celle que vous connaissez Ions , etqui n’est pas a dédaigner, je vous assure. Mais avant de nous y renfermer, reculezun peu ces frontières étroites, enjambez du terrain, courez, courez. Allez, d’un côté,des sources de la Marne jusqu’à la Méditerranée; de l’autre, des sources du Itliônejusqu’à celles de l’Ailier; englobez là dedans la Savoie, la Suisse , le midi et le centrede la France : et maintenant mesurez de l’œil, si vous pouvez, celte vaste étenduede pays... c’est là l’ancien royaume de Bourgogne ! c’est là que vint s’établir la tribula plus nombreuse de l’antique Vandalie, après avoir passé le Rhin vers le commen-cement du cinquième siècle, sous les ordres de Gondicaire (ou Gondioe), chef vail-lant et habile, à qui les Bourguignons doivent d’avoir pu pénétrer dans les Gaules .
Mon intention n’est point de prendre cette tribu à son origine sauvage et guer-rière, et de suivre pas à pas son histoire jusqu’à nos jours. J’ai bâte, au contraire,d’arriver à nos contemporains, et je ne vous dirai des vieux Bourguignons que ce*pii sera nécessaire pour expliquer, de la manière la plus rationnelle, certainesnuances de mœurs, certains traits de caractère des Bourguignons du dix-neuvièmesiècle.
Celle contrée, habitée anciennement par les Edui, les plus célèbres d’entre lesCelles, fut comprise par Valons dans la première lyonnaise . Les Bourguignons dunord, comme je viens de vous le dire, s’y établirent environ en 405, et y fon-dèrent le puissant royaume dont vous venez de parcourir les limites. Plus lard,érigée en duché, elle fut gouvernée par ses dues, les fameux ducs de Bourgogne , quien firent un étal riche et florissant. Richard le Justicier , mort en 92J, fut le pre-mier de ces souverains, dont la race successive s’éteignit en J477, dans la per-sonne de Charles le Téméraire , cet homme redoutable tué obscurément devantINanci, et qui lie laissa pas même un fils pour lui succéder. La Bourgogne , ce beaufleuron de la couronne, aliénée deux fois par les rois de France , fut alors, parLouis XI , acquise et réunie au royaume, qui depuis l’a toujours conservée.
Genève d’abord, Lyon ensuite, furent les deux premières capitales de celte pro-vince. Mais dès le commencement du onzième siècle, ses ducs choisirent Dijon pourrésidence, et cette ville, devenue le rendez-vous des puissants et des nobles, ets’embellissant par conséquent de manoirs, de monuments el d’églises, a toujours,depuis lors, conservé son rang de ville première des Bourguignons. Un effroyableincendie la détruisit presque en entier en 1157 ; mais sa reconstruction élargit sonenceinte, et la flamme, en passant sur elle, transforma la ville moyenne en belleet grande ville. Le siècle dernier encore, elle comptait dans ses murs trente-cinqéglises!... 1795 en a laissé cinq! ce terrible millésime a semé partout les débrissur son passage. Dijon n’est aujourd’hui qu’une ville ordinaire, assez grande, tropgrande pour sa population, car toutes ses rues sont silencieuses et ses belles pro-menades presque désertes. Seulement elle a gardé l’auréole dont l’a entourée long-temps son rang de capitale ; elle est encore, comme elle l’a été jadis, une ville lit-