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Province. Tome second.
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uc üoi bguignon.

léraire el artistique : elle a ses académies renommées... le progrès, la civilisationet le goût ne meurent pas si vite en Bourgogne !

QuieoiKjite a voyagé dans cette contrée, et même, sans se déranger, a lu simple-ment les relations de voyages qu’on y a faits, sait par cœur que le Bourguignonest ouvert, laborieux, et a les manières rondes et gaies. Ceci donné comme se don-nent les renseignements de statistique, et sans vous garantir le moins du mondequ’il n’y a chez nous ni menteurs, ni fainéants, ni sournois. Mais ce qu’on sait par-dessus tout quand on a vu ce pays, c’est que le Bourguignon est hospitalier. Pourcela, on ne le lui ôtera pas, c’est le fond de son caractère; il l’est comme le Nor-mand est processif, comme l’Auvergnat est économe; il l’est parce que, dès son ori-gine, il l’a toujours été, et qu’il était peut-être impossible qu’il ne lé fût pas. ICxpli-quons-nous.

Quand les Bourguignons eurent pénétré victorieusement dans les Gaules, el s’\lurent mélangés avec leurs habitants, un partage des biens devint nécessaire entreles deux peuples, conquérants et conquis. Il y avait des terres et des serfs à parta-ger ; on y procéda avec sagesse. Aux Bourguignons, guerriers et pasteurs, on donnales deux tiers des terres. Ils en avaient plus besoin que d’esclaves, dont ils n’eu-rent qu’un tiers ; les deux autres tiers des esclaves et le dernier tiers des terreslurent assignés aux Bomains, chargés de la culture des propriétés des vainqueurs, elqui, parconséquenl, avaient besoin de bras disponibles pour cette culture. Cet échangeamena plus d’intimité dans les rapports, occasionna des fusions entre les familles,fut le lien, pour ainsi dire, qui attacha un peuple a l’autre. Chaque Bourgui-gnon, dit un historien, fui placé en qualité d’hôle chez un indigène... Il me sem-ble que l’on peut, sans trop se hasarder, trouver dans cette circonstance l’originedu caractère hospitalier des Bourguignons. — C’est par l’hospitalité reçue qu’ils sesont maintenus chez les Gaulois ; c’est par elle qu’ils ont acquis leur rang de peuple ;elle est la source de leur puissance : il y a donc de la nationalité, il y a de l’a-mour-propre, il y a de tout dans celle fidélité constante du Bourguignon à rendrechaque jour l’hospitalité qu’on lui donna jadis. Un article de la loi Gombette, codeà la fois politique, criminel, administratif et judiciaire de ce peuple, prouvera quelrespect religieux il avait pour cette vertu innée. « Celui qui aura refusé sa maisonou son feu à un étranger payera 5 écus d’amende. Si un voyageur demande lecouvert à un Bourguignon, el que cclui-ci montre la maison d’un Bomain, le Bour-guignon payera 5 écus, et autant à l’étranger. Le métayer ou te rentier qui aurarefusé l’hospitalité sera fustigé, etc... »

Ct voyez comme cette tradition d’accueil bienveillant et cordial s’est transmisejusqu’à nous! aventurez-vous, artistes, voyageurs ou touristes, dans les sites pitto-resques de nos montagnes et de nos vignobles; laissez-vous surprendre dans vosexcursions par la faim ou la fatigue,... et ne vous mettez pas en peine. Cherchez,heurtez à la première cabane venue : bûcheron, fermier ou vigneron,qui vous ouvrira. Bonne place vous sera faite au coin du feu, el la table vous pré-sentera bientôt tout ce que possède le buffet, reufs, fruits et laitage. Dans la plu-part des villes même, n’y soyez qu’un jour, une heure, en passage, vous y trou-